F1 - Luca de Meo a voulu recréer une cohésion d'équipe chez Alpine F1
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Luca de Meo a voulu recréer une cohésion d’équipe chez Alpine F1

Dans la dernière partie de notre interview du PDG du groupe Renault, Luca de Meo, l’Italien revient sur l’esprit d’équipe et la cohésion retrouvée au sein de l’écurie Alpine après des changements importants dans la structure organisationnelle au cours de l’hiver. En outre, Luca de Meo revient également sur l’impact de la catégorie reine sur les ventes d’Alpine et sur les nouveaux marchés qui peuvent s’ouvrir au constructeur à l’avenir en commençant par les Etats-Unis.

L’an dernier [date à laquelle Alpine est arrivée en F1 en tant qu’équipe], les chiffres de vente pour Alpine ont doublé en France mais le constructeur de Dieppe a également considérablement augmenté son volume à l’international avec au total 2659 véhicules vendus dans le monde en 2021, soit une augmentation de plus de 74%. Lorsqu’on lui demande si l’augmentation des ventes d’Alpine en 2021 est essentiellement due à l’implication de la marque en Formule 1, l’Italien nous répond : « Je pense oui, c’est la Formule 1 mais c’est aussi la structure, l’organisation par marque et pas par fonction de Renault, ce qui amène une équipe à se focaliser sur un business et savoir pourquoi ils se réveillent chaque matin. » confie Luca de Meo à F1only.fr.

« C’est ce qui est en train de se passer [dans l’équipe de F1], c’est comme quand on prend dix gamins dans une cour, ils jouent au foot, ils se divisent, et à un moment donné, on leur donne un maillot jaune et un maillot rouge, et ils se reconnaissent beaucoup plus facilement, ils jouent plus facilement. C’est un peu ça, c’est ce qu’on a fait chez Renault. Donc, nous avons maintenant beaucoup plus de gens, des gens sont dédiés 24h/24 à Alpine, alors qu’avant c’était peut-être une partie de leur temps et ça amène des résultats. »

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« Un des thèmes que j’avais vu lorsque je suis arrivé en tant que manager – et pas en tant que spécialiste – c’est que Alpine [F1] en interne ça ne faisait pas trop équipe. On avait un thème structurant avec deux pôles; un en Angleterre [Enstone] et un en France [Viry], ce qui rend la chose plus difficile à gérer. Mais il y en avait aussi certains qui ne mettaient pas du leur pour créer un esprit de cohésion, et une des priorités que je me suis donnée, c’était de construire avec le temps une ligne de commandement très claire avec une structure d’organisation composée de gens qui ont une certaine aptitude à créer une cohésion d’équipe, parce que je considère que c’est un sport d’équipe. Ce n’est pas un sport individuel, bien-sûr il y a les pilotes qui sont les héros, mais derrière il faut un esprit d’équipe. »

« Quand je vois des gens comme Otmar [Szafnauer, directeur de l’équipe], des gens comme Bruno [Famin, directeur exécutif d’Alpine Racing à Viry-Châtillon], des gens comme Davide Brivio [directeur des projets compétition chez Alpine], Laurent [Rossi, PDG d’Alpine], ce sont des gens qui ont cet esprit. Ce ne sont pas des gens qui marchent en solo, et ça je pense que nous sommes en train d’y arriver et la manifestation la plus évidente c’est la relation que nous avons pu créer entre Fernando [Alonso] et Esteban [Ocon] qui continue et cette relation nous nourrit. Nous pensons que c’est important pour une équipe comme la nôtre en milieu de peloton que les deux voitures marquent des points. L’année dernière, si Fernando et Esteban n’avaient pas apporté tous les deux leur contribution, nous n’aurions pas fait P5 [au championnat constructeurs], parce que nous n’avions pas la voiture pour faire ça. »

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Quant aux objectifs de titre de l’équipe Alpine, le CEO du groupe Renault a tenu à insister sur le fait que la compétition est rude en Formule 1 et qu’il faut un certain temps pour qu’une équipe ne devienne suffisamment compétitive.

« Nous sommes entourés par des gens qui ont la même envie, une meilleure organisation etc…donc tout se joue à rien ici. C’est vrai que dans la compétition – comme dans beaucoup d’autres choses – il y a un moment où il n’y a pas de formule unique, il faut un moment où on aligne les planètes et nous nous n’avons pas encore trouvé ça. »

Enfin, la Formule 1 débarque ce week-end pour la première fois à Miami aux Etats-Unis, un marché qui n’est pas forcément la cible de Renault et d’Alpine, mais Luca de Meo estime que la visibilité de la Formule 1 pourra inévitablement aider à créer plus de notoriété pour la marque au A fléché.

« Ça peut être aussi une belle vitrine pour faire connaître une marque et un jour nous déciderons d’aller chercher ce marché. Moi, une des raisons pour laquelle j’ai placé Alpine sur la Formule 1 – évidemment je n’ai pas le budget marketing pour Alpine quand on vend 3000 voitures – mais nous avons besoin d’une plateforme pour pouvoir créer la notoriété de la marque et le mieux c’était justement de mettre le tricolore et le bleu de France sur une Formule 1. »

Propos recueillis par Remy Calame

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1 commentaire

  1. En tant qu’ancien manager à un « certain » niveau et en avoir côtoyé beaucoup, je peux affirmer que Luca de Léo est tout simplement un bon ! Que beaucoup d’entreprises aimeraient avoir.
    Il est clairement la meilleure chose qui soit arrivée à Renault et bien sûr Alpine depuis longtemps. Pourvu que les crises en cours ne réduisent pas ses efforts à néant.

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