Pour Schumacher, le problème reste politique chez Ferrari

Pour Ralf Schumacher, le fait de vouloir absolument "italianiser" à tout prix Ferrari a porté préjudice à l'écurie de Maranello.

Ferrari SF-23 Bahreïn

L’ancien pilote de F1, Ralf Schumacher, estime que le plus gros problème de Ferrari reste politique et que l’écurie de Maranello souffre encore de l’annonce faite par l’ancien PDG de la marque, Sergio Marchionne, qui souhaitait voir une Scuderia Ferrari entièrement italienne.

L’ancien grand patron de Ferrari, décédé à l’âge de 66 ans, voulait ramener les grandes marques italiennes en Formule 1 et, après Alfa Romeo en 2018, il prévoyait de ramener Maserati en 2019.

Plus que tout, Sergio Marchionne souhaitait également voir plus de pilotes italiens en catégorie reine et avait d’ailleurs misé sur Antonio Giovinazzi devenu pilote titulaire pour l’équipe Alfa Romeo et qui roule actuellement en Hypercar dans le championnat d’Endurance pour la marque au cheval cabré.

Mais pour Ralf Schumacher, le fait de vouloir absolument « italianiser » à tout prix Ferrari a porté préjudice à l’écurie de Maranello au cours des dernières années.

« En ce qui concerne le châssis et le moteur, ils ont fait du bon travail [en 2022]. Il s’agissait surtout d’abandons sur pannes et d’erreurs stratégiques aux stands. » estime Ralf Schumacher en entretien pour AutoBild.

« Les pilotes ont fait trop d’erreurs aussi. Vasseur [Fred] doit maintenant surmonter tout cela et cela prendra du temps. Mais le problème reste politique. »

« Je pense qu’ils souffrent encore de l’annonce faite par Sergio Marchionne en 2018 [l’ancien président de Ferrari, décédé en 2018], qui avait proclamé une équipe entièrement italienne. Un credo chez Ferrari. »

« Un exemple : le prédécesseur de Vasseur, Mattia Binotto, celui qui avait travaillé chez Ferrari dès son plus jeune âge, même avec mon frère [Michael Schumacher, ndlr], ne manquait certes pas de compétence technique, mais plutôt d’assurance. »

« Je pense qu’il était trop lié à Ferrari pour pouvoir prendre les bonnes décisions, ce qui peut parfois être inconfortable. Ce n’est pas la nationalité qui compte [Binotto n’est pas Italien mais Suisse, ndlr], mais la qualité. »

« La grande force de l’époque réussie avec mon frère, c’est qu’il y avait une compétence incroyable. Il y avait mon frère, Jean Todt, Ross Brawn ou encore le designer Rory Byrne, qui a également participé à la voiture de l’année dernière. Il était important qu’ils aient toute la liberté dont ils avaient besoin. »

Le remplaçant de Mattia Binotto, Fred Vasseur, étant Français et non Italien, Schumacher pense qu’il bénéficie d’un certain avantage par rapport à son prédécesseur.

« Oui, c’est comme ça que je le vois. Il a appris le sport automobile en partant de zéro. Il semble avoir de grandes compétences sociales, trouvant toujours la meilleure approche pour tirer le meilleur parti de chaque employé. »

« Cependant, je ne pense toujours pas qu’ils seront candidats au championnat du monde, même si j’aimerais à cause de la tension. »

Avant le Grand Prix d’Australie – troisième manche du championnat du monde 2023 – la Scuderia Ferrari occupe la quatrième place au classement des constructeurs.

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