F1 Miami press conference 2022
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Les chefs d’équipe inquiets de l’arrivée de nouvelles écuries en F1

Avec la probable arrivée d’Andretti en 2024 en tant que 11ème équipe du plateau, ainsi que l’intérêt du groupe Volkswagen à travers ses marques Audi et Porsche qui souhaitent rejoindre la Formule 1 à partir de 2026, la F1 pourrait se retrouver d’ici quelques années avec une grille composée de plus de dix écuries.

Bien que l’engouement du public est au rendez-vous depuis quelques années, notamment avec le marché américain de plus en plus friand de Formule 1, certains directeurs d’équipe ne voient pas forcément d’un bon œil l’arrivée de nouvelles écuries, notamment parce qu’il faudra partager avec plus de monde les revenus. Christian Horner, directeur de l’écurie Red Bull, s’inquiète donc du modèle économique actuel qui risque d’être bousculé : « Eh bien, évidemment, vous savez naturellement que pour les signataires actuels de l’accord Concorde, il est tout à fait logique de dire que les dix équipes ou les dix franchises ont une valeur intrinsèque et que vous la diluez en augmentant le nombre d’équipes ».

« Vous savez, théoriquement, ce devrait être un problème à résoudre pour Liberty Media s’ils veulent que de nouvelles équipes arrivent. Et si l’on augmente le nombre d’équipes au-delà de dix, sur le plan fiscal, la question se posera toujours de savoir comment cela affectera la distribution des revenus. Donc, l’argent sera finalement un facteur important. »

« En fin de compte, je pense que c’est une question qui concerne le promoteur, car s’il veut plus d’équipes, il devra évidemment diminuer sa part de revenus, car il serait injuste d’attendre des autres équipes qu’elles paient indirectement pour les nouveaux arrivants. Il y aura donc toujours un conflit. »

Frédéric Vasseur, directeur de l’équipe Alfa Roméo vient compléter les propos de Christian Horner. Le Français n’est en effet pas opposé à la venue d’une équipe à condition qu’il s’agisse d’un projet durable : « Si nous avons une nouvelle équipe qui arrive, avec une méga valeur ajoutée pour le championnat, cela pourrait avoir du sens. Mais comme Christian l’a déjà dit, nous n’avons pas besoin d’accueillir une nouvelle équipe, pour mettre en danger deux ou trois équipes sur la grille. Je pense que par l’accord Concorde, nous touchons ces points, et à terme, ce sera à la FOM de décider ce qu’ils veulent faire. Je pense que nous avons assez de possibilités pour trouver un partenariat avec une équipe existante sur la grille, plutôt que d’en accueillir une autre. » a déclaré Vasseur.

Enfin, Guenther Steiner, le directeur de l’équipe Haas, est lui aussi sur la même longueur d’onde que ses homologues, l’Italien s’appuyant sur sa propre expérience avec une écurie Haas qui est apparue en 2016 après la liquidation judiciaire de Manor Marussia F1 Team.

« Je pense que Christian et Fred l’ont très bien expliqué. Et juste pour compléter sur ce point, en tant qu’entreprise, je pense que, tout d’abord, nous avons actuellement dix équipes stables, ce qui pendant longtemps n’était pas possible en F1, ou ne se produisait pas en F1. Maintenant, depuis cinq ans, tout est assez stable. C’est très bien. » a déclaré Steiner.

« Et pourquoi l’équipe numéro 10 dirait-elle « nous diluons notre valeur pour amener quelqu’un de nouveau », en quoi ça nous rapporterait quelque chose ? Vous savez, nous sommes ici depuis longtemps. Donc, comme ils l’ont dit, si la FOM veut distribuer plus d’argent ou quelque chose comme ça, c’est une autre discussion… mais juste pour avoir plus d’équipes, plus ne signifie pas être meilleur. Je suis donc tout à fait d’accord avec ce que Fred et Christian ont dit. »

Pour rappel les accords Concorde, créés en 1981 et régulièrement revus, sont un ensemble de contrats et règlements définissant la structure économique, administrative, commerciale et réglementaire convenus entre la FIA, la F1 et les écuries.

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