Business – Guenther Steiner, premier signe d’un MotoGP voué à s’inspirer de la F1

Guenther Steiner, ancien patron de l’équipe Haas en Formule 1 devenu une figure populaire via Drive to Survive, va faire son entrée officielle dans le monde du MotoGP. À partir de 2026, il prendra les commandes du team Red Bull KTM Tech3, à la suite d’un rachat à Hervé Poncharal. Ce changement marque une des rares grandes mutations de propriété au sein du paddock MotoGP depuis longtemps. 

Lors d’une soirée à Barcelone, Steiner a présenté sa vision : le MotoGP regorge de potentiel non exploité. Il estime que le sport est intrinsèquement captivant — le duel machine-pilote, la rivalité, et les performances « homme contre homme » — mais qu’il reste encore beaucoup à faire pour accroître sa visibilité. Il voit en l’ère sous la houlette de Liberty Media une opportunité pour étendre son audience, notamment vers des marchés moins exploités.

Steiner affirme toutefois qu’il ne souhaite pas bouleverser immédiatement l’organisation actuelle de Tech3. Il parle d’une « année d’apprentissage » pour prendre la mesure des opérations dès 2026. Pourtant, des décisions stratégiques de long terme se profilent déjà : le recrutement des pilotes, l’implication dans la catégorie Moto3, les relations avec KTM, et le positionnement de l’équipe dans le championnat. Ces éléments s’inscriront dans une vision à cinq ans.

La situation met en lumière une évolution marquée du rôle des équipes indépendantes dans le MotoGP. Celles-ci louent le matériel aux constructeurs, bénéficient de technologies proches de celles des usines, et gagnent en visibilité grâce à leurs résultats. Ducati est cité en exemple : en utilisant des équipes satellites, la marque a su maximiser ses retombées techniques et stratégiques. 

Lucio Cecchinello, patron de LCR Honda, témoigne d’un intérêt croissant pour l’achat ou l’investissement dans les équipes du championnat — un intérêt jusqu’ici rarement vu. Pour lui, le MotoGP devient une plateforme valorisée, susceptible d’attirer business, technologie et nouveaux sponsors. Mais avec cela vient aussi un accroissement des coûts fixes, des responsabilités de gestion, et des risques si les résultats ou les financements ne suivent pas. 

Quant aux perspectives techniques, 2027 s’annonce comme une date charnière, avec la fin de plusieurs contrats équipes/pilotes et des nouvelles règles techniques. L’arrivée de Steiner, associée aux transformations déjà en cours dans le paddock, souligne que le MotoGP entre dans une phase de mutation où les enjeux sportifs, financiers et technologiques s’entrecroisent plus étroitement que jamais. L’ère de changement semble bien entamée.

Le franc-parler de Gunther Steiner en quelques mots

Ex-directeur d’équipe emblématique en F1, Guenther Steiner a passé ses dernières années de carrière dans le paddock à gérer l’équipe Haas avant que l’ingénieur Ayao Komatsu ne soit désigné pour prendre sa succession. Durant cette période, Steiner s’est fait une réputation d’homme bavard et entretenant sa “marque”, notamment avec son langage fleuri et sa propension à être attiré par les caméras et micros, y compris après avoir quitté le monde de la F1. Voici quelques citations de Gunther Steiner avec son habituel langage direct…

« Si tu n’as pas les tripes de tout donner, tu peux rester à la maison. »

Sur l’exigence de courage et de détermination en Formule 1.

 

« La F1, ce n’est pas pour les amateurs : ici, tu te fais bouffer ou tu bouffes. »

À propos de la dureté du milieu et la nécessité de s’imposer.

 

« On n’a pas le temps pour les conneries, c’est la course qui décide. »

Sur la gestion des priorités lors d’un week-end de Grand Prix.

 

« Arrête de pleurnicher, va sur la piste et montre ce que t’as dans le ventre ! »

Pour motiver ses pilotes à dépasser leurs limites.

 

« Les excuses, c’est bon pour les perdants. Ici, on trouve des solutions, point barre. »

En réaction aux revers rencontrés par l’équipe.

 

« Peu importe les critiques, tant qu’on ferme la bouche des rageux avec des résultats. »

Sur le rôle de la performance pour faire taire les détracteurs.

 

« Si tu veux des câlins, va voir ta mère, ici on fait de la course. »

Pour rappeler la rudesse et la réalité du paddock.

 

« Tout le monde a un avis, mais à la fin, c’est le chrono qui parle. »

Sur l’importance des faits et du temps plutôt que des opinions.

 

« On n’a pas besoin de pleurnichards, on a besoin de battants ! »

En encourageant l’esprit de combat au sein de l’équipe.

 

« Les beaux discours, ça ne fait pas avancer la voiture. »

Sur la nécessité d’action concrète plutôt que de simples paroles.

 

« Si tu te plantes, relève-toi et recommence. Pas le choix, c’est ça la course. »

À propos de la résilience après un échec en piste.

 

« Le paddock, c’est pas le pays des Bisounours. »

Pour illustrer l’ambiance sans concession de la Formule 1.

 

« On n’a pas de baguette magique, alors on bosse, on bosse, et on bosse encore. »

Pour insister sur la valeur du travail acharné.

 

« Arrête de rêver, ici tout se gagne à la sueur du front. »

Pour rappeler que seul l’effort paie dans ce sport.

 

« Ceux qui n’aiment pas la pression, qu’ils changent de métier. »

Sur la capacité à gérer le stress en Formule 1.