En 2025, les team principals sont plus que jamais des ingénieurs

La tendance des directeurs d’équipe qui sont avant tout des figures politiques et roublards du paddock deviennent de plus en plus rares. Incarnation ces 20 dernières années d’un homme qui savait affronter politique sportive, économique et des coulisses du sport, Christian Horner appartient à cette “race” de directeurs d’équipes, comme Flavio Briatore (Alpine) ou encore Toto Wolff (Mercedes) et Gunther Steiner (ex-Haas) à ne pas avoir de bagage technique particulier.

Ces dernières années, la tendance a été à promouvoir au sommet des organigrammes F1 des éminences grises ayant fait leurs armes en qualité de responsables techniques de haut rang. Ainsi, le départ de Christian Horner de chez Red Bull marque une vraie transition, du fait qu’il permet à l’ingénieur Laurent Mekies, qui avait remplacé Franz Tost, de prendre ses responsabilités et, par glissement, à Alan Permane de monter en grade chez Racing Bulls. Récemment, l’ingénieur Steve Nielsen a aussi été placé en responsabilités chez Alpine en lieu et place d’Oliver Oakes. 

Les directeurs d’équipes F1 à l’été 2025

Equipe Directeur d’Equipe
McLaren Andrea Stella
Ferrari Fred Vasseur
Red Bull Laurent Mekies
Mercedes Toto Wolff
Aston Martin Andy Cowell
Alpine Steve Nielsen
Racing Bulls Laurent Mekies
Williams James Vowles
Kick Sauber Jonathan Wheatley 

Newey explique indirectement pourquoi il n’a pas choisi Ferrari

Adrian Newey donne des conseils indirects à Ferrari : privilégier la méthode à la réputation. Adrian Newey explique pourquoi il a préféré Aston Martin à Ferrari.

Il y a quelques mois, Adrian Newey a surpris le paddock en choisissant de rejoindre Aston Martin Aramco, refusant, du moins pour l’instant, une collaboration avec une équipe légendaire comme Ferrari. Un détail de son interview dans la série UNDERCUT éclaire l’une des raisons de cette décision : la vision d’Aston Martin et l’importance qu’elle accorde à l’utilisation consciente des outils de simulation et de la soufflerie.

Avec son franc-parler habituel, Adrian Newey a déclaré : « Vous pouvez avoir la meilleure soufflerie du monde ou le meilleur simulateur, mais si vous n’avez pas la bonne corrélation entre les modèles (aérodynamique, pneus et dynamique), ils ne servent à rien. Tout cela demande du temps, du dévouement et de la méthode. »

Pourquoi Adrian Newey n’a-t-il pas choisi Ferrari ? La vraie valeur réside dans la méthode

Des mots qui sonnent comme un avertissement pour ceux qui, comme Ferrari, ont souvent dû composer avec une soufflerie qui n’était pas toujours optimale et avec des problèmes de corrélation entre les données simulées et le comportement réel sur piste. « Une voiture de F1 moderne est une créature très complexe. Elle est physiquement complexe en raison du nombre énorme de composants, mais cette complexité est multipliée par la quantité de simulations nécessaires à son développement », explique Adrian Newey.

L’équipe de Maranello peut compter sur une infrastructure massive, l’un des budgets les plus élevés du plateau et une histoire sans pareille. Mais pour Adrian Newey, les installations et les noms ne suffisent pas : une équipe doit travailler efficacement, méthodiquement et avec une philosophie technique cohérente.

Aston Martin, pour sa part, a investi dans la construction du campus technologique AMR, qui dispose de la soufflerie la plus avancée de la F1. « Les équipes de F1 dépendent de plus en plus des outils de simulation : la dynamique des fluides computationnelle (CFD), les souffleries et la corrélation entre la voiture réelle sur la piste et ces outils. C’est un domaine qui exige beaucoup de développement. »

En 2026, une révolution réglementaire aura lieu, avec de nouvelles règles concernant le châssis et les unités motrices. Ceux qui sauront s’adapter au mieux en exploitant pleinement les outils disponibles bénéficieront d’un avantage crucial. Adrian Newey en est conscient et a choisi l’environnement qui, selon lui, lui permet le mieux de travailler efficacement, méthodiquement et en toute liberté. Pour Ferrari, le message est clair : sans un système de développement intégré, le talent seul ne suffit pas.