GP du Canada 1995 – Le cadeau d’anniversaire magique de Jean Alesi aux tifosi !

Nous sommes en 1995, il y a 20 ans. Le Grand Prix du Canada était un événement très apprécié de la Scuderia Ferrari, surtout depuis que la course se déroulait sur le circuit semi-permanent de l’île Notre-Dame à Montréal. La première course disputée sur ce tracé remontait à 1978, remportée par Gilles Villeneuve au volant d’une Ferrari 312 T3. Le circuit avait été baptisé en son honneur après son décès à Zolder, le samedi du Grand Prix de Belgique 1982. Aujourd’hui, l’épreuve canadienne reste l’une des plus populaires du calendrier.

L’édition 1995 de l’épreuve canadienne était la sixième manche du championnat et Ferrari arrivait à Montréal après avoir terminé sur le podium lors des cinq courses précédentes, même si elle était toujours à la recherche de sa première victoire de l’année. Les qualifications ont vu Gerhard Berger se qualifier en quatrième position, devant Jean Alesi, mais la 412 T2 semblait avoir le potentiel pour permettre aux ingénieurs du Cheval Cabré d’espérer une bonne performance. Au départ, le poleman Michael Schumacher, au volant de sa Benetton, conservait la tête, tandis que derrière lui, David Coulthard faisait un tête-à-queue avec sa Williams dans le premier tour et devait abandonner. Le duo Berger-Alesi dépassait Damon Hill dans l’autre Williams pour se rapprocher de Schumacher, mais l’arrêt au stand de Berger tournait mal et l’Autrichien perdait du temps, rétrogradant de plusieurs places.

En deuxième position, Alesi commença à mettre la pression sur Schumacher, tandis que l’Allemand dut effectuer un arrêt au stand imprévu, car il ne pouvait plus changer de vitesse en raison d’un problème électrique qui nécessita le remplacement du volant. Il reprit ensuite la course en septième position. Une fois en tête, Jean a parfaitement géré la situation, comptant les tours jusqu’au drapeau à damier, qu’il a franchi avec 30 secondes d’avance sur Rubens Barrichello et Eddie Irvine, tous deux sur Jordan.

C’était la liesse pour Alesi et tout le monde dans le garage Ferrari, car le Français n’avait plus gagné en Formule 1 depuis très longtemps. Les célébrations se sont poursuivies sous le podium, l’équipe étant entourée par les fans, dont beaucoup étaient italo-canadiens. Ils ont vraiment montré leur soutien à Jean, pour qui ce serait la seule victoire en Formule 1 de sa carrière. C’était le plus beau cadeau qu’il pouvait s’offrir ce 11 juin, jour de son 31e anniversaire.

Les statistiques des pilotes français en Formule 1

Voici les chiffres des plus grands pilotes français de l’histoire de la Formule 1

L’annonce d’Isack Hadjar comme nouveau pilote Racing Bulls pour 2025 a renforcé la présence de la France en Formule 1. Alors qu’Alpine, propulsée jusqu’à cette saison par des moteurs Renault (l’accord avec Mercedes pour les moteurs allemands débute en 2026), navigue en F1 sous pavillon tricolore, la grille compte elle trois pilotes français, soit le plus grand nombre de ressortissants après les quatre pilotes britanniques Russell, Hamilton, Bearman et Norris. Outre Hadjar, Gasly et Ocon, anciens coéquipiers chez Alpine sont également présents sur la grille. Cependant, le seul élément manquant pour la France en 2025 sera le Grand Prix, absent depuis 2023.

Isack Hadjar, qui possède également un passeport algérien, sera le 72e pilote français à participer à un GP dans l’histoire de la Formule 1. Le record absolu du nombre de courses disputées appartient à l’ancien pilote Ferrari Jean Alesi, le seul à avoir dépassé les 200, avec précisément 201 GP. Cependant, le pilote qui a effectué le plus de tours, et donc parcouru le plus de kilomètres, est Alain Prost, en dépit du fait d’avoir disputé deux GP de moins que son ancien coéquipier chez Ferrari en 1991.

Le plus titré

Le « Professeur » détient d’autres records significatifs : outre le fait d’être le pilote français ayant remporté le plus de victoires (51), de pole positions (33), de tours rapides (41) et de podiums (106), il est également le seul pilote français à figurer au Panthéon de la Formule 1. De plus, Prost a remporté quatre fois le championnat du monde, un exploit égalé par deux pilotes Red Bull, Sebastian Vettel et Max Verstappen.

Les vainqueurs

Hormis Prost, treize autres pilotes français ont remporté au moins une course au cours de leur carrière en F1. Derrière le « Professeur », on retrouve René Arnoux, autre pilote de l’histoire de Ferrari, avec 7 victoires. Jacques Laffite, avec 6 victoires, suit sur le podium, et à la quatrième place, on retrouve le regretté Didier Pironi avec 3 victoires. Maurice Trintignant, Jean-Pierre Jabouille, Patrick Depailler et Patrick Tambay ont chacun remporté deux victoires, tandis que la « Marseillaise » n’a été jouée qu’une seule fois pour François Cevert, Jean-Pierre Beltoise, Jean Alesi et Olivier Panis. Il en va de même pour Pierre Gasly et Esteban Ocon, qui sont toujours en activité.

Jean Alesi : « Le secret a été bien gardé »

L’ancien pilote Ferrari et désormais président du circuit Paul Ricard, Jean Alesi, se réjouit de l’arrivée prochaine du Britannique Lewis Hamilton chez Ferrari, le Français n’hésitant pas à parler de « l’annonce du siècle » en Formule 1. 

Cette semaine, l’annonce surprise de l’arrivée prochaine de Lewis Hamilton chez Ferrari a fait l’effet d’une bombe car personne ne s’attendait à ce que le septuple champion du monde de F1 – âgé de 39 ans – puisse un jour quitter « sa famille » Mercedes pour laquelle il court depuis onze ans.

Interrogé par nos confrères de Nice Matin sur cette annonce surprise, Jean Alesi – qui est toujours très proche de Ferrari – a révélé que la décision d’Hamilton de rejoindre Ferrari a été prise il y a de cela plusieurs mois déjà et que le secret a été bien gardé.

« On savait que ça discutait beaucoup dans les coulisses depuis l’année dernière. Il y avait des tractations. Je pense que la décision ne date pas de la dernière pluie. » explique Jean Alesi.

« Elle a été prise il y a quelques mois [la décision]. Et le secret a été bien gardé, manifestement, vu l’onde de choc provoquée ce jeudi soir. Pour Ferrari, on peut dire qu’il s’agit de l’annonce du siècle! »

Lorsqu’on lui demande si Frederic Vasseur, directeur de la Scuderia Ferrari, a tenu un rôle important dans les négociations entre Ferrari et le clan Hamilton, Jean Alesi a répondu : « Oui, évidemment. La décision de Lewis, elle est mûrement réfléchie. Parce qu’il ne va pas chez Ferrari pour faire de la figuration. »

« Il a forcément tout regardé, tout étudié. Et d’abord les hommes en place… Il connaît très bien Fred [Vasseur] puisqu’il a grandi dans ses écuries (en Formule 3 et en GP2). Il croit en lui. Il croit à son projet, voilà! » a ajouté Jean Alesi qui estime comme Romain Grosjean que Lewis Hamilton sait parfaitement ce qu’il fait.

Quant à la question de savoir si Lewis Hamilton sera capable de ramener Ferrari au sommet et réussir là où d’autres champions tels que Prost, Alonso ou Vettel ont échoué, le natif d’Avignon a répondu : « Prost, c’était une autre époque. Pareil pour Alonso… Là, il y a une nouvelle réglementation technique qui se profile à l’horizon [en 2026, ndlr]. »

« Lewis a choisi un constructeur, un motoriste, qu’il estime capable de négocier au mieux ce virage. Les étapes sont planifiées devant lui. Les moyens aussi. Il sait où il va. »

« Par conséquent, oui, je pense qu’il peut réussir. En tout cas, j’ose espérer qu’il n’aura pas les mêmes mauvaises surprises qu’Alain ou Fernando autrefois. »