Melbourne 2024, la douceur d’un doublé Ferrari inattendu

Le Grand Prix d’Australie reprend sa place fétiche de manche d’ouverture du calendrier F1, ce week-end. Si les victoires de Charles Leclerc à Monaco et Monza ont été particulièrement emblématiques, et que celle de Carlos Sainz à Mexico a ravi de nombreux tifosi sachant l’Espagnol sur le départ pour laisser place à Lewis Hamilton, la victoire de ce dernier, suivi de Leclerc, en Australie, avait aussi représenté une grande journée de la saison 2024 pour la Scuderia Ferrari. Retour sur cette course dont se souviennent les fans de l’écurie rouge et qui marquait le retour de Sainz au volant, après un remplacement par Oliver Bearman en raison d’une intervention chirurgicale.

Le vainqueur surprise du Grand Prix d’Australie avait parfaitement exploité les problèmes techniques de Max Verstappen.

Les qualifications du Grand Prix d’Australie 2024 à Melbourne avaient débouché sur une nouvelle pole position pour Max Verstappen, lui offrant la meilleure position de départ pour la course. Le début de la course s’était déroulé sans incident, si bien qu’il n’y avait pas eu de changements majeurs au classement. Cependant, le leader Verstappen n’avait pas profité longtemps de son avance, car Carlos Sainz parti de la deuxième place, l’avait devancé.

Le Néerlandais avait alors commencé à signaler que quelque chose n’allait pas avec sa voiture et avait commencé à ralentir. La cause a rapidement été certaine – Verstappen rencontrait un problème avec son frein arrière droit et devait ainsi se précipiter aux stands, où sa course s’est terminée. Pour Verstappen, cela marquait la fin d’une série de victoires qui avait duré 9 courses. La dernière fois que le Néerlandais n’a pas terminé une course remontait à deux ans !

Les problèmes de Verstappen ont permis à Sainz, qui avait manqué la course précédente en raison d’une opération de l’appendicectomie, de consolider son avance dans la course. L’Espagnol avait ensuite conservé la première place jusqu’à l’arrivée et avait pu célébrer le troisième triomphe de sa carrière. Charles Leclerc, son coéquipier chez Ferrari, avait terminé deuxième. Le Monégasque n’avait pas fait le poids face à Sainz mais avait tout de même réussi à devancer les McLaren, troisième et quatrième. Lando Norris s’était classé troisième devant le pilote local, l’Australien Oscar Piastri. Seul pilote Red Bull à franchir l’arrivée, Sergio Pérez ne sauvait que la cinquième place.

Résultats du GP d’Australie 2024

Carlos Sainz Ferrari    
Charles Leclerc Ferrari 2.366    
Lando Norris McLaren 5.904    
Oscar Piastri McLaren 35.770    
Sergio Perez Red Bull 56.309    
Lance Stroll Aston Martin 1:33.222    
Yuki Tsunoda RB 1:35.601    
Fernando  Alonso Aston Martin 1:40.992    
Nico Hulkenberg Haas 1:44.553    
10  Kevin Magnussen  Haas + 1 Lap    
11  Alexander Albon Williams + 1 Lap    
12  Daniel Ricciardo RB + 1 Lap    
13  Piere Gasly Alpine + 1 Lap    
14  Valtteri Bottas Kick Sauber + 1 Lap    
15  Zhou Guanyu Kick Sauber + 1 Lap    
16  Esteban Ocon Alpine + 1 Lap    
17  George Russel Mercedes DNF    
Lewis Hamilton Mercedes DNF    
–  Max Verstappen Red Bull DNF

Quand Bernie Ecclestone estimait la domination Mercedes néfaste à la F1

En 2016, Mercedes écrasait le monde de la F1. La nouvelle réglementation technique entrée en vigueur en 2014 mettait en scène les nouvelles unités de puissance V6 turbo hybrides, que le motoriste et constructeur allemand maitrisait alors à la perfection, mieux que tout le monde.

C’est sur cette base que Mercedes a installé ses années de domination en F1, allant même jusqu’à permettre à ses équipes clientes, telles que Williams ou encore Lotus et Force India, de décrocher elles aussi de très beaux résultats en dépit d’une farouche adversité d’équipes supposément mieux armées. Il faut dire que Renault, en particulier, avait bien manqué le coche, et que Ferrari avait du terrain à rattraper.

Résultat ? L’équipe jusqu’alors dominatrice, Red Bull Racing, était tombée d’un coup de son piédestal et la belle union entre l’équipe de Milton Keynes et l’entité française prenait des airs de divorce à fort retentissement médiatique.

Bernie Ecclestone estimait alors avec anticipation que la domination Mercedes allait créer une forme de lassitude chez les fans, et qu’il était souhaitable pour la F1 que Mercedes prenne la décision de propulser Red Bull pour recréer une adversité digne de grandes confrontations entre équipes. Fait amusant, l’équipe championne du monde 2024, McLaren, a renoué avec le succès avec l’unité de puissance Mercedes cette saison après plusieurs années de domination…Red Bull, avec Honda.

Toujours est-il qu’Ecclestone était las, en 2016, des batailles opposant uniquement le duo Mercedes composé de Lewis Hamilton et Nico Rosberg, en dépit de la tension interne dans le team qui avait le mérite de créer un feuilleton.

« Le moteur Mercedes est un moteur fantastique« , commentait ainsi Bernie Ecclestone dans une interview accordée au site officiel de la F1. « Mais seulement si toutes les équipes en disposent !« , poursuivait-il en plaisantant. « On verrait alors à quel point les équipes sont bonnes du côté de l’auto. Mais ce n’est qu’un songe. Il faut revenir aux bases« .

« Actuellement, les gens pensent : ils vont encore gagner. C’est tout. Il n’y a pas d’émotions quand c’est quelque chose de si évident. Les deux gars de Mercedes, s’ils s’accidentent, offrent plus de publicité qu’en gagnant. En termes de gestion de marque, Ferrari est populaire même quand ils perdent« , ne manquait pas de faire remarquer Ecclestone.

Dès lors, Ecclestone espérait, pour l’intérêt du spectacle, que Red Bull Racing dispose d’un moteur Mercedes.

« Je l’espère… Mercedes devrait laisser aller son moteur chez Red Bull« , lançait-il non sans provocation. « C’est la plus grosse erreur qu’ils ont faite en F1 ces deux dernières années. Cela aurait été brillant pour la compétition. Mercedes aurait encore probablement gagné, mais ça aurait eu bien meilleure allure qu’ils gagnent le championnat du monde sur la dernière course de la saison« .

Une situation qui rappelle également celle de Ducati en MotoGP, qui a permis à son équipe cliente, Pramac, de pousser sa conquête du titre mondial 2024 de Jorge Martin jusqu’au bout, et ainsi d’échouer à faire gagner l’un de ses pilotes d’usine, mais qui ressort grandie du fait d’avoir affiché ce niveau de compétitivité et de fair-play.

Deux États intéressés par l’achat de la collection complète de F1 de Bernie Ecclestone

Tom Hartley Jr, responsable de la vente aux enchères de la collection personnelle des F1 historiques de Bernie Ecclestone, dit avoir reçu des demandes du monde entier, dont deux pour l’acquisition des 69 d’un coup.

La collection d’Ecclestone pourrait être encore plus riche que cela, mais l’homme d’affaires britannique, ex-propriétaire des parts de la F1, a concentré ses efforts de collectionneur sur ses trois marques de cœur : Ferrari, Maserati et Brabham.

Tom Hartley Jr est celui à qui la vente de sa collection estimée à près de 350 millions d’euros a été confiée.

“Nous avons reçu des demandes du monde entier : Hong Kong, l’Australie, l’Argentine et beaucoup d’Amérique du Nord”, a-t-il déclaré au Times.

“Nous avons actuellement deux personnes différentes qui ont montré un intérêt sérieux pour l’achat de la collection dans son ensemble. Deux entités très qualifiées”. Par entités, le spécialiste des grosses transactions précise : “Des pays !”

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Actuellement, ses véhicules se trouvent dans un gigantesque hangar en Grande-Bretagne.

Les états capables de formuler de telles offres sont généralement dans une géographie différente de la liste d’endroits cités précédemment, et mènent invariablement vers le Moyen-Orient. On connait les ambitions, notamment, de l’Arabie saoudite ou encore du Qatar et du Royaume de Bahreïn à faire briller leur réputation par des acquisitions exceptionnelles du type de celle-ci.

“Bernie ne veut pas que les voitures soient vendues à des spéculateurs, c’est-à-dire à des personnes qui achètent les voitures dans l’intention de les revendre dans un avenir proche pour en tirer un profit quelconque”, précise Tom Hartley, qui suggère ainsi que l’homme d’affaires aura le luxe de pouvoir déterminer l’identité finale de l’acquéreur.

Bernie Ecclestone a eu 94 ans en octobre et a souhaité se séparer de cette collection pour ne pas la laisser dans les mains de ses ayant-droits, dont il pense qu’ils seraient plus embarrassés qu’autre chose par la réalisation d’une telle vente d’héritage.

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