Malgré un premier roulage jugé quasi idéal sur le plan de la fiabilité, Ferrari aborde la suite des essais pré-saison de Barcelone avec prudence et méthode. Matteo Togninalli, ingénieur en chef de la Scuderia, a confirmé que l’équipe disposait encore d’« une très longue liste » de points à traiter, en dépit d’un début qu’il qualifie volontiers de « rêve » pour un projet entièrement nouveau.
Absente de la première journée au Circuit de Catalunya, Ferrari a lancé sa SF-26 mardi, avec Charles Leclerc au volant durant les seules 90 premières minutes de piste sèche de la journée. La pluie s’est ensuite installée durablement sur Barcelone, y compris lorsque Lewis Hamilton a pris le relais dans l’après-midi. Malgré ces conditions défavorables, les deux pilotes sont parvenus à accumuler 120 tours, soit 561 kilomètres, un bilan particulièrement solide pour une première sortie officielle.
Sur le plan de la fiabilité, le constat est très positif. Aucun incident majeur n’est venu perturber le programme, un point que Togninalli considère comme prioritaire :
« Le point le plus important, c’est que nous avons terminé notre programme », a-t-il expliqué, avant de tempérer toute interprétation hâtive sur les performances pures.
« En termes de performance, il est beaucoup trop tôt. Nous essayons avant tout de comprendre la voiture, de la régler avec précision. L’objectif est d’enchaîner les tours. De ce point de vue, je suis positif. »
Pour la suite des essais, la feuille de route de Ferrari s’annonce particulièrement dense. L’ingénieur italien insiste sur la complexité d’une monoplace entièrement nouvelle, soumise à une réglementation profondément remaniée :
« Nous allons continuer à comprendre la voiture. La première étape, c’est l’apprentissage : pneus, comportement aérodynamique, fonctionnement du groupe motopropulseur. Ensuite, étape par étape, nous chercherons à l’optimiser en vue de Bahreïn. »
Avec le retour attendu de conditions sèches dans les prochains jours, Ferrari espère pouvoir affiner ses analyses et bénéficier de comparaisons plus pertinentes avec les autres équipes :
« Ce sera utile d’avoir d’autres voitures en piste pour se situer, mais nous allons avant tout nous concentrer sur nous-mêmes. Nous avons une longue liste de choses à vérifier : mesures, caractérisation, éléments à tester, réglages. C’est une très, très longue liste. »
Togninalli rappelle également l’ampleur du travail réalisé en amont par la Scuderia. Le projet SF-26 s’inscrit dans un développement de longue haleine, entamé « il y a des années » sur la partie groupe motopropulseur, puis poursuivi avec la conception de la nouvelle carrosserie dès le début de l’année précédente.
Malgré l’ampleur de la tâche restante, le responsable technique se montre globalement très satisfait du démarrage :
« Nous sommes tous arrivés très serrés à cet essai. On voit des équipes qui ne roulent pas ou qui rencontrent des difficultés de préparation. Mais globalement, tout le monde a fait du bon travail en parcourant beaucoup de kilomètres. Si l’on repense aux précédents changements de réglementation, dépasser les 600 kilomètres en une journée relevait du rêve. »
Un constat encourageant, donc, pour Ferrari, qui aborde la suite des essais avec confiance, mais sans précipitation : le travail d’analyse, de compréhension et d’optimisation de la SF-26 ne fait que commencer.