Alpine a voulu mettre 0con “à l’aise” avec un contrat long

Le PDG d’Alpine, Laurent Rossi, a expliqué qu’il a très vite ressenti l’envie de mettre Esteban Ocon “à l’aise” en lui offrant un contrat pluriannuel afin que le Français ait une certaine “tranquillité d’esprit” et puisse travailler pour le bien de l’équipe.

Après une année en off en tant que pilote de réserve de l’équipe Mercedes après avoir été remercié par Racing Point, Esteban Ocon est revenu sur la grille de la F1 en tant que titulaire chez Renault en 2020 et le Français a très vite été récompensé pour son travail en se voyant offrir une prolongation de contrat de trois ans.

Pour Laurent Rossi, PDG d’Alpine, il était important de permettre à Ocon d’évoluer dans un environnement plus serein en lui proposant un contrat sur du long terme, alors que le Français avait toujours eu des contrats courts auparavant.

Il n’y a jamais eu de mystère sur le fait que j’ai très vite essayé de mettre Esteban à l’aise dans l’équipe, car Esteban est remarquable.” a expliqué Laurent Rossi dans le podcast Beyond The Grid.

“Ce garçon n’a jamais eu un parcours facile et linéaire. Presque chaque année, on lui disait ‘ça y est, c’est fini. C’est la fin de la route avec nous, et tu devras trouver un autre baquet pour l’année prochaine’, ce qui est super difficile, surtout dans ce type de carrière où vous avez besoin de rouler.”

“Vous devez vous sentir à l’aise sur le fait que vous allez piloter durant un certain temps et de cette façon vous pourrez vraiment faire votre travail pour de vrai, pas seulement comme un passe-temps…et ça n’a jamais été facile pour lui.”

“Donc, indépendamment de cela, je savais aussi que ce garçon, qui a réussi dans toutes les catégories, qui a couru contre Max [Verstappen], Charles [Leclerc] et tous ceux qui sont aujourd’hui pilotes de haut niveau, et il les a battu au fil du temps. Donc, j’ai su qu’il avait du potentiel.”

“J’ai donc voulu le mettre dans une zone plus confortable, mais pas tout à fait à l’aise, car il a besoin d’être sur ses gardes tout le temps. C’est important.”

“Mais je voulais voir ce qu’il nous réserve en lui donnant l’environnement et un peu de tranquillité d’esprit. Donc, c’est pour cela que nous avons décidé de miser sur lui pour trois ans et de lui permettre de rouler, et à l’époque, pour être honnête, personne n’a voulu se rallier à notre opinion.”

“Soyons clairs, c’était le meilleur pilote possible. Et j’ai toujours dit qu’Esteban était au moins un très bon deuxième pilote, mais tout le monde a interprété cela de manière différente.”

A partir du moment où Ocon a eu cette tranquillité d’esprit avec un contrat à long terme en poche, Laurent Rossi a pu voir immédiatement un changement chez le Français.

“Oui, absolument. Il a commencé à piloter plus efficacement et mettre les choses en place sur du long terme, sans essayer d’impressionner tout le monde à chaque course, ce qui est une chose très différente, parce qu’il prenait des risques inconsidérés [avant de signer son contrat de trois ans] et il pilotait peut-être sans le savoir, avec cette peur de perdre potentiellement son baquet dans cette course.”

“Donc, fondamentalement ça a été différent et je lui ai dit que désormais il devait grandir et faire grandir l’équipe avec lui. Cela signifiait qu’il devait être davantage un pilote stratégique et un leader, ce qui est extrêmement différent que d’être simplement un garçon rapide et cool. C’est une autre histoire.”

“J’ai besoin que vous montriez les qualités qui pourraient faire de vous un jour un champion du monde, ce qui est différent d’être simplement rapide sur une course.”

“Tous les pilotes de la grille sont rapides. Nul doute qu’ils pourraient se battre sur un tour sans doute. Comme le dernier de la grille pourrait être le premier sur un tour, j’en suis presque sûr.”

“Mais sur le long terme, construire une équipe, rallier des gens autour de vous, extraire le maximum des performances de votre voiture, avec 1200 personnes qui vous accompagnent, c’est un jeu bien différent et c’est ce que je lui ait dit de faire. Je lui ai donné ces trois années pour monter l’équipe plus haut avec lui.”

En 2021, Esteban Ocon a décroché sa première victoire en Formule 1 avec Alpine au Grand Prix de Hongrie au terme d’une course au scénario improbable, tandis que le Français a livré de belles batailles en piste l’an dernier, notamment à Suzuka lorsqu’il chassait la Mercedes de Lewis Hamilton.

Laurent Rossi admet que le Normand a fait “beaucoup de progrès” au cours des deux dernières années et qu’il pilote désormais avec la conscience de servir son équipe : “C’est vrai, il a fait beaucoup de progrès.”

“Auparavant, il était un pilote un peu fougueux, il est toujours fougueux et j’espère qu’il gardera cette fougue […] mais désormais, il le fait avec la conscience de servir son équipe et non lui-même.”

Esteban Ocon est donc sous contrat avec Alpine jusqu’à la fin de la saison 2024. Le Normand est actuellement coéquipier de Pierre Gasly qui a rejoint l’équipe cette année.

Fallows : la nouvelle usine va “changer la donne” chez Aston Martin

Chez Aston Martin, la livraison de la nouvelle usine de plus de 37 000 m2 devrait permettre au personnel de l’écurie de travailler plus efficacement, ce qui pourrait considérablement changer la donne selon Dan Fallows, le directeur technique de l’équipe du constructeur britannique.

La nouvelle usine de trois unités est construite sur un terrain en face du circuit historique du Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone : un bâtiment abritera les ressources de conception, de fabrication et de marketing de l’équipe ; un second sera occupé par la toute nouvelle soufflerie ; et le troisième sera réaménagé et réutilisera les locaux de l’usine existante en un hub central comprenant des équipements pour le personnel et un centre logistique.

Pour la première fois, cette nouvelle usine abritera toutes les ressources de fabrication au sein d’un seul campus – l’équipe opérant actuellement à partir de plusieurs bâtiments distincts, avec des travaux supplémentaires sous-traités à l’extérieur.

En plus de la mise à niveau et de l’agrandissement des installations et des machines, la nouvelle usine sera complétée par une toute nouvelle soufflerie et un tout nouveau simulateur de Formule 1.

Lorsqu’on demande à Dan Fallows si la livraison de cette nouvelle usine est prévue prochainement et si l’équipe a hâte d’intégrer ses nouveaux locaux, le Britannique a répondu : “Cela se fera dans quelques mois, alors oui, nous sommes très excités à ce sujet.” admet-il.

“Nous sommes une équipe qui aime travailler en collaboration, nous aimons pouvoir avoir de bonnes interactions avec les personnes avec lesquelles nous travaillons. Ce n’est pas si facile avec la façon dont nous sommes installés en ce moment.”

“La nouvelle usine permettra à beaucoup plus de personnes d’être sur le même site et en fait, dans le bureau de dessin, tout le monde sera dans la même pièce. Donc, c’est un gros, gros sujet pour nous et cela va changer la donne, je pense.”

Il s’agira de la première toute nouvelle usine de F1 au Royaume-Uni depuis 17 ans, la plus récente étant le McLaren Technology Center, à Woking, qui a été officiellement ouvert en 2004.

Horner dévoile la plus grande force de Red Bull depuis presque 20 ans

A la tête de l’équipe Red Bull Racing depuis 2005, Christian Horner est l’un des plus anciens directeurs d’équipe en Formule 1 et le Britannique peut se targuer d’avoir décroché au cours de sa carrière en catégorie reine plusieurs titres mondiaux.

Lui-même ancien pilote automobile puis manager d’écurie en catégorie inférieure, Christian Horner met un pied en Formule 1 en 2005 lorsque Red Bull rachète Jaguar et qu’il est nommé directeur de l’équipe. A l’âge de 31 ans, Horner devient alors le plus jeune directeur d’écurie de l’histoire de la F1.

Cinq ans plus tard, Red Bull remporte son premier titre de champion du monde en Formule 1, c’est la consécration pour Christian Horner. Viendront ensuite trois autres titres mondiaux consécutifs entre 2011 et 2013, avant que le vent ne tourne en faveur de l’équipe Mercedes à partir de 2014 lorsque l’ère hybride a débuté en catégorie reine du sport automobile.

Après huit années de domination sans partage de la part de Mercedes, Red Bull a retrouvé des ailes en 2022 lorsqu’une toute nouvelle réglementation technique est entrée en vigueur en F1. Cette année-là, le succès est au rendez-vous avec les deux titres mondiaux pilotes et constructeurs décrochés.

Lorsqu’on lui demande quels ont été les points clés pour arriver à transformer l’ancienne équipe Jaguar en écurie championne du monde, Horner a insisté sur le fait que la passion, le partage d’un but commun en interne et surtout…une grande stabilité ont permis à Red Bull d’en arriver là où l’équipe se trouve actuellement.

“Tout joue un rôle. Cela commence par la culture de l’équipe. Bien sûr, votre plus grand atout est votre personnel, et nous avons des gens formidables.” nous explique le Britannique.

“Il y a bien sûr Adrian [Newey, directeur technique, ndlr] qui a été avec moi durant de nombreuses années, mais il y en a tellement d’autres aussi.”

“Je pense aussi que nous avons une grande stabilité, une grande cohérence, et il doit aussi y avoir une faim, une passion. Tout le monde doit partager les mêmes buts et les mêmes objectifs. Ce sont, je dirais, les fondamentaux absolus pour être compétitif.”

“Vous devez aussi avoir le soutien de tout le monde autour de vous, de vos partenaires, vos sponsors, vos actionnaires, et c’est là que nous avons été très forts chez Red Bull. Au fil des années, nous avons été très constants. Nous avons eu une grande stabilité.”

“Nous avons une excellente équipe et avons une force et une profondeur énormes. Chacun au sein de l’équipe sait quel est son rôle.”

A titre de comparaison, la Scuderia Ferrari a connu depuis 2005 six directeurs d’écurie différents avec Jean Todt, Stefano Domenicali, Marco Mattiaci, Maurizio Arrivabene, Mattia Binotto et actuellement Fred Vasseur.

Mike Krack : “Nous devons garder les pieds sur terre”

Le directeur d’Aston Martin, Mike Krack, a tenu à minimiser les attentes après le podium décroché par Fernando Alonso au Grand Prix de Bahreïn lors de la manche d’ouverture de la saison 2023.

En ce début de saison, les progrès de l’équipe Aston Martin sont évidents par rapport à 2022 et la troisième place décrochée par Fernando Alonso au Grand Prix de Bahreïn a été une confirmation après des essais hivernaux très productifs pour l’écurie du constructeur britannique.

Cependant, le directeur de l’équipe, Mike Krack, veut que tout le monde garde “les pieds sur terre” chez Aston Martin après ce premier podium, parce qu’il se pourrait bien que l’AMR23 soit moins compétitive lors des prochaines manches du calendrier en fonction des caractéristiques des différents tracés visités.

“Je pense que l’écart avec l’avant est encore important. Nous ne savons pas à quel point Red Bull a dû faire de la gestion [en course à Bahreïn], et je pense qu’ils étaient assez confortables.” a déclaré Mike Krack après le GP de Bahreïn.

“Evidemment, nous avons eu un bon résultat, nous avons amélioré notre voiture, mais nous nous sommes battus avec des équipes qui ont l’habitude de rouler à l’avant, qui sont très habituées au développement à haute intensité.”

“Donc, je pense qu’il faut être humble et respectueux et voir comment cela va se passer par la suite. Nous voulions faire un pas en avant, mais nous n’avons pas dit que nous voulions battre Red Bull.”

“Nous devons garder les pieds sur terre, nous devons travailler dur, parce qu’il se pourrait qu’à Djeddah nous soyons peut-être quatrième, cinquième ou sixième en termes de classement par équipe.”

Le Grand Prix d’Arabie Saoudite est programmé le week-end prochain du 17 au 19 mars sur le tracé très rapide de la Corniche de Djeddah.

Alpine F1 et son inappétence de fournir une écurie cliente

Particularité de l’équipe Alpine en F1, l’écurie d’usine du constructeur français est la seule de la grille à ne pas avoir d’écurie cliente, c’est à dire une équipe pour laquelle elle devrait fournir un moteur et tout l’accompagnement technique et logistique qui va avec.

Actuellement en Formule 1, sur les dix écuries présentes sur la grille, seule l’équipe Alpine est motorisée par ses propres moteurs Renault, alors que Mercedes motorise quatre équipes clientes (Mercedes, Aston Martin, Williams et McLaren), Ferrari pour sa part motorise trois écuries (Ferrari, Haas et Alfa Romeo), tandis que Honda motorise deux équipes (Red Bull et AlphaTauri).

Lorsqu’on demande à Laurent Rossi, le PDG d’Alpine, si le fait de motoriser une deuxième équipe en Formule 1 est incontournable pour Alpine, le Français a répondu : “Non, ce n’est pas incontournable. C’est bien d’en avoir [une équipe cliente], mais ce n’est pas un “must have”.

“Seulement parce que nous nous l’avons fait dans le passé [avec Red Bull, ndlr] et j’ai écouté les gens qui ont vécu cette expérience. Ça coûte, c’est comme une taxe pour les équipes parce que chaque fois que vous avez un problème, tout à coup c’est la pagaille. C’est le chaos.” explique Rossi dans le podcast Beyond The Grid.

“Vous devez avoir votre propre équipe qui se concentre sur le client parce qu’il paie. Et donc, vous devez résoudre leurs problèmes.”

“Et si vous êtes différents en termes de définition technique, vous devez vous diviser en deux, ce qui rend très difficile de soutenir les deux équipes, à moins que vous ne soyez entièrement structuré pour cela, mais c’est très dur.”

“Donc pour nous, il était plus important de nous rassembler, de nous restructurer et de nous servir d’abord, et c’est ce que nous faisons enfin maintenant.”

“On a pu le voir lors des tests [hivernaux], nous faisons juste ce que nous devons faire, nous nous occupons de nos propres problèmes.”

“Nous sommes enfin arrivés à un stade où nous pouvons nous gérer correctement et commencer à regarder d’autres équipes, potentiellement des équipes clientes, mais ce n’est pas un must have.”

“C’est bien pour nous, parce que bien sûr, si vous allez sur une piste comme Bahreïn et que vous avez trois fois plus de moteurs en marche que Mercedes par exemple, vous allez obtenir trois fois plus de données. Mais vous avez aussi trois fois plus de problèmes. Vous devrez donc prendre des décisions et faire attention à ce que vous souhaitez faire.”

“Nous, à ce stade maintenant, nous commençons à considérer que nous pourrions le faire, mais en avons-nous besoin ? Pas nécessairement.”

Il y a quelques mois, Mario Andretti a déclaré que son fils Michael – qui a toujours l’intention de créer une onzième équipe sur la grille pour 2024 – a signé un accord formel avec Renault pour une fourniture moteur pour sa future équipe de Formule 1.

Horner : “Difficile” pour Perez d’être le coéquipier de Verstappen

Christian Horner, le directeur de Red Bull, a souligné à quel point l’expérience de Sergio Perez a été cruciale au cours des deux dernières années au sein de son équipe, le Britannique reconnaissant au passage que Red Bull a peut-être eu tort de placer “si tôt” Pierre Gasly et Alex Albon aux côtés du “coriace” Max Verstappen.

Contexte : Sergio Perez a rejoint l’équipe Red Bull en 2021 après avoir passé une grande partie de sa carrière chez Force India [devenue ensuite Racing Point puis Aston Martin].

Le Mexicain a été choisi par Red Bull pour remplacer directement le Thaïlandais Alexander Albon qui a lui-même remplacé le Français Pierre Gasly en cours de saison en 2019. Pierre Gasly et Alex Albon ont tous les deux rencontré les mêmes problèmes au cours de leur passage chez Red Bull, à savoir évoluer dans une équipe entièrement tournée vers son pilote vedette [Verstappen].

Lorsqu’on lui demande dans quelle mesure l’arrivée d’un pilote expérimenté comme Sergio Perez au sein de l’équipe a pu changer la dynamique après deux saisons disputées avec des pilotes plus jeunes comme Pierre Gasly ou Alex Albon, Horner a répondu : “Je pense que l’élément clé dans la nomination de Checo a été son expérience.”

“Vous savez, cela a été un peu injuste pour les deux gars précédents [Gasly et Albon] de les faire venir si tôt. Je pense que Checo, avec son expérience, a traversé certains coups durs dans sa carrière, et je pense que ce qu’il nous a apporté c’est que c’est un gars très complet, un vrai joueur d’équipe.”

“Il a une bonne vision du développement de la voiture, et il est très facile de travailler avec lui. C’était donc toutes les raisons pour lesquelles nous l’avons choisi en premier, et il performe sur ça.”

“Il a gagné deux Grands Prix l’année dernière, il a remporté un Grand Prix l’année précédente. Il a joué un rôle clé en nous aidant à remporter le championnat du monde des constructeurs [en 2022].”

“C’est difficile pour lui d’avoir Max [Verstappen] comme coéquipier. Je veux dire par là qu’il détermine actuellement le baromètre de la Formule 1. Mais Checo est suffisamment mature pour pouvoir gérer cela, et je pense qu’il cherche à continuer d’évoluer et d’améliorer ses propres performances […]”

“C’est bien de le voir aussi compétitif, et bien sûr, il ne s’agit pas d’une seule course, il y en a environ 23 et ce sera crucial pour lui parce qu’il ne s’agit pas que de Max, n’est-ce pas ? Comme je l’ai déjà dit, il s’agit des pilotes de Fred [Vasseur, directeur de Ferrari] et des pilotes Mercedes et potentiellement ceux d’Aston Martin. Donc, il ne faut écarter personne.”

Verstappen est un coriace…

Lorsqu’on lui demande justement ce que Sergio Perez doit faire pour être en mesure de défier semaine après semaine son coéquipier Max Verstappen, Christian Horner a répondu : “Son temps au tour”.

“Max est un sacré compétiteur, c’est un coriace…probablement la plus haute référence en Formule 1. Mais Checo en est maintenant à sa troisième année dans l’équipe, il est confiant, il est à l’aise et il doit montrer son meilleur jeu, et pas seulement avec Max.”

“Les pilotes de Fred [Vasseur, directeur de Ferrari] poussent fort, les pilotes Mercedes sont durs, nous avons aussi un vétéran motivé dans une voiture verte. Donc, ça va être une année vraiment excitante je pense et nous aurons de belles courses devant nous.”

Après le Grand Prix de Bahreïn – première manche de la saison 2023 – Sergio Perez occupe la deuxième place au championnat du monde des pilotes, 7 points derrière son coéquipier Max Verstappen.

Palmer impressionné par Alonso et son pilotage “à l’ancienne”

L’ancien pilote Renault, Jolyon Palmer, a été plus qu’impressionné par le pilotage “à l’ancienne” de Fernando Alonso au Grand Prix de Bahreïn lors de la première manche de la saison 2023.

A Bahreïn, le pilote Aston Martin Fernando Alonso a régalé les fans avec plusieurs dépassements en course, dont un spectaculaire au fameux virage numéro 10 lorsqu’il a jeté sa monoplace à l’intérieur pour dépasser le septuple champion du monde Lewis Hamilton.

Jolyon Palmer – qui travaille désormais pour la F1 en tant que consultant et qui a roulé contre Alonso dans le passé – a été particulièrement impressionné par le coup de volant toujours aussi bon de l’Espagnol qui a terminé le Grand Prix de Bahreïn sur la troisième marche du podium.

“Si Fernando n’avait pas été heurté par son coéquipier Lance Stroll dans le premier tour, les choses auraient pu se dérouler plus régulièrement pour l’Espagnol.” estime Jolyon Palmer dans sa chronique pour le site du championnat.

“En fait, c’était fantastique pour nous qu’il ait perdu des places face à la Mercedes, car cela a été le déclenchement d’une charge spectaculaire vers un podium qui aurait sûrement été décroché confortablement sans la collision.”

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“Chaque fois que je courais avec Alonso roue contre roue, il a toujours été un concurrent différent par rapport aux autres contre qui j’étais. Il a une incroyable capacité à lire les situations de course, il a une immense vision périphérique et il peut penser à quelques virages à l’avance lorsqu’il essaie de planifier un dépassement clinique.”

“Même à 41 ans, ce sont exactement les qualités qu’il a affichées dimanche. Après un dépassement plus simple sur Russell avec des pneus usés, Fernando s’est retrouvé face à Lewis et Sainz dans une bataille qui a décidé de la dernière place sur le podium.”

“En fait, lors des deux dépassements, il a commis des erreurs inhabituelles au virage 4, perdant l’arrière avec un énorme survirage contre Hamilton et sous-virant largement avec Sainz – des erreurs qui auraient pu s’avérer désastreuses.”

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“Mais l’Aston Martin était si bonne sur ses pneus, et la capacité de Fernando sur les freins était si exceptionnelle qu’il pouvait les suivre dans tous les virages plus lents au milieu du circuit, menaçant à chaque fois d’un dépassement, avant le virage 10 décisif.”

“Hamilton ne s’attendait pas à ce qu’Alonso plonge au virage 10 comme il a fait; ce n’est pas vraiment une zone de dépassement, en particulier en Formule 1, et lorsque vous freinez et tournez avec l’appui, il est si facile de bloquer le frein avant gauche.”

“Mais Alonso a bien préparé le dépassement en ouvrant l’entrée du virage, lui permettant d’aligner le freinage autant que possible et de se faufiler à l’intérieur de la Mercedes et en activant le DRS à la sortie.”

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“Il a mis en place le même dépassement sur Sainz, mais son compatriote a tenté de le couvrir, entraînant un blocage. Sainz était plus à la corde dans le virage qu’Alonso et a donc dû freiner avec plus de blocage de direction pour couvrir l’intérieur, ce qui allait toujours être problématique. L’Aston Martin a balayé le pilote Ferrari à la sortie avec un sillage maximisé et le DRS.”

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“J’adore les dépassements qu’il a faits, car il est si rare de nos jours que les pilotes roulent roue contre roue de cette manière à l’ancienne.”

“De plus en plus de circuits semblent être conçus pour les dépassements au DRS avec des lignes droites gigantesques puis de grandes zones de freinage, suivies d’une autre zone DRS si possible à la sortie.”

“Bahreïn ne fait pas exception, mais le mélange entre Aston Martin n’ayant pas la voiture la plus rapide en ligne droite et les erreurs d’Alonso au virage 4 signifiaient qu’il devait sortir des sentiers battus – et il était l’homme idéal pour cela, ce qui nous a offert un merveilleux spectacle pour nous.”

En difficulté, Mercedes F1 adresse une lettre ouverte à ses fans

Après un début de saison plus compliqué que prévu pour Mercedes qui a vu ses deux monoplaces terminer cinquième et septième au Grand Prix de Bahreïn, l’écurie du constructeur allemand admet ouvertement que la situation n’est pas simple mais promet à ses fans de réagir en conséquence lors des prochaines courses.

Preuve que Mercedes est confrontée à une situation difficile en ce début d’année, l’écurie octuple championne du monde a adressé à tous ses fans après le Grand Prix de Bahreïn une lettre dans laquelle l’équipe insiste sur le fait que la résolution des problèmes rencontrés en ce début de saison prendra certainement beaucoup de temps et qu’il ne faudra pas s’attendre à “un miracle”.

“Cela a fait mal à chacun de nous, qui nous dirigeons vers chaque saison déterminés à nous battre pour les championnats du monde.” peut-on lire dans une lettre de Mercedes destinée à tous les fans de l’équipe.

“Cela a fait mal à l’équipe dans son ensemble, après avoir consacré tant de travail acharné à une voiture qui n’a pas répondu à nos attentes. Et nous savons que cela vous a blessé, vous nos fans aussi.”

“Votre passion et votre soutien sont si importants pour nous faire avancer – et nous savons que nous ressentons la même douleur.” 

“La situation à laquelle nous sommes confrontés en ce moment n’est pas celle que chacun d’entre nous voulait – mais c’est celle que nous avons. C’est la réalité. Et les questions simples sont : que pouvons-nous faire à ce sujet, et que ferons-nous à ce sujet ?” 

“Tout d’abord, nous n’allons pas paniquer ni faire de réactions instinctives. Sous un projecteur aussi féroce que la F1, les gens sont prompts à pointer du doigt ou à chercher des boucs émissaires. Mais vous nous connaissez bien.”

“Au sein de l’équipe, nous parlons d’avoir le courage d’échouer, le caractère d’être responsable et la force de voir l’échec comme une opportunité.”

“Nous avons été ouverts et extrêmement honnêtes sur l’endroit où nous nous trouvons. Et nous travaillons de toute urgence et sereinement pour construire notre plan de relance, en nous concentrant sur ce qui doit se passer à court, moyen et long terme pour gagner.”

“Nous avons déjà des développements en préparation pour les prochaines courses – et il y en aura d’autres à venir. Mais ce ne sera pas le travail d’un moment; il n’y a pas de solution miracle en F1.”

“Deuxièmement, nous garderons la tête haute – et ferons ce voyage étape par étape, ensemble. Nous sommes Mercedes. Nous connaissons les normes auxquelles nous aspirons et personne ne bronche devant la montagne que nous devons gravir.”

“Ce ne sera pas facile – mais où est la valeur de quelque chose de facile ? Ce sont les moments où le caractère se forge ; les moments où une équipe devient plus grande que la somme de ses parties, s’attaquant à des problèmes difficiles et les conquérant.”

“Nous sommes ensemble contre vents et marées – de Toto, Lewis et George, à chaque femme et homme dans les usines de Brackley et Brixworth. Et nous aimons ce défi.”

“Troisièmement, nous ferons également appel à chacun de vous pour nous propulser au front. Que vous offriez des critiques ou du soutien, il y a une bonne façon de le faire – et une mauvaise façon.”

“Nous voulons que notre communauté en ligne soit un espace sûr plein de débats sains, où les gens traitent les autres et sont traités avec respect – qu’ils soient membres de l’équipe, fans de Mercedes ou fans rivaux.”

“Nous avons une politique de tolérance zéro en matière de discrimination, d’abus ou d’intimidation de toute nature, et nous prendrons les mesures appropriées pour tout commentaire ou publication qui ne respecte pas nos directives. Et nous voulons votre soutien pour en faire une réalité dans toute notre communauté.”

“Nous travaillons déjà dur pour changer le cours de cette saison 2023. Le travail a commencé immédiatement après la course – et tout le monde a un rôle à jouer. Êtes-vous prêt à nous rejoindre pour la riposte ? Si ce n’est pas le cas, il n’y a pas de rancune.”

Après le Grand Prix de Bahreïn – première manche du championnat du monde 2023 – Mercedes occupe la troisième place au classement constructeurs avec 27 points de retard sur le leader Red Bull.

Luca de Meo a sauvé la présence de Renault en F1

Laurent Rossi, le PDG d’Alpine, a révélé que la présence de Renault en Formule 1 a été fortement menacée aux alentours de 2020 avant l’arrivée du PDG du groupe Renault, Luca de Meo, qui a finalement décidé de poursuivre l’aventure en renommant l’écurie Alpine.

L’histoire de Renault en Formule 1 remonte à 1977, année où l’équipe française a fait ses débuts en tant que constructeur. La première voiture de Renault en F1 était la RS01, qui était équipée d’un moteur turbocompressé, une véritable innovation technologique pour l’époque.

Renault a connu des hauts et des bas tout au long de son histoire en F1, avec des périodes de succès et d’autres plus difficiles. Dans les années 80, l’équipe a remporté quatre titres consécutifs de champion du monde des constructeurs avec ses pilotes vedettes Alain Prost et Ayrton Senna. Cependant, après une période difficile dans les années 90 et au début des années 2000, Renault a décidé de se retirer de la F1 en tant qu’équipe d’usine en 2010.

Cependant, en 2016, Renault a annoncé son retour en tant qu’équipe d’usine en F1, en rachetant l’équipe Lotus F1. Depuis lors, l’équipe a connu des hauts et des bas, jusqu’à la première victoire d’Alpine en 2021 au Grand Prix de Hongrie grâce à Esteban Ocon. En 2022, l’équipe du constructeur français a terminé quatrième au championnat du monde après une bataille serrée avec McLaren.

Lorsqu’on demande au PDG d’Alpine, Laurent Rossi, si la Formule 1 continue d’être un sport attrayant pour les constructeurs, le Corse a répondu : “Eh bien, je ne parlerais pas pour les autres, mais il y a un peu de ça.”

“Si la F1 n’était pas pertinente pour eux, ils n’investiraient pas, parce que la F1 est devenue quelque chose que vous pouvez exploiter à des fins commerciales.”

“Donc, oui c’est intéressant. Encore une fois, c’est aussi le moyen de montrer qui vous êtes. Pour nous chez Renault, la F1 était un peu menacée il y a deux ou trois ans parce que les résultats n’arrivaient pas et que l’investissement était quand même – même s’il n’était pas de 800 millions par an – il était quand même assez important.”

“Et puis Luca de Meo [le PDG du Groupe Renault] est arrivé et a dit “je ne serais pas le PDG qui stoppera la F1, parce que plus de 40 ans en F1, cela fait partie de notre ADN”. Il a donc sauvé [la présence de Renault en] Formule 1.”

“Il a sauvé l’ADN de Renault. Mais en disant cela il a aussi dit que l’ADN de Renault est le sport automobile. Donc, pou nous quelle que soit la convergence, c’est aussi une déclaration d’intention.”

“Nous sommes très impliqués dans la compétition, dans le sport automobile. Que cela se répercute dans votre voiture [de route] ou non, cela n’a pas d’importance. C’est un peu comme si vous vouliez que vos marques, les marques du groupe, ainsi que la marque Alpine signifient aussi quelque chose pour les gens.”

“Vous ne souhaitez pas forcément fournir un produit, parfois vous souhaitez juste vous identifier à une marque qui vous parle.” conclut Rossi.

Hakkinen pas tendre avec Pierre Gasly

Avant le début de la saison 2023 de Formule 1, l’ancien pilote McLaren, Mika Hakkinen, a donné son point de vue sur les différentes équipes et pilotes qui composent la grille cette année.

Concernant Pierre Gasly – qui a rejoint l’écurie Alpine cette saison – Hakkinen estime que le Normand a déjà montré tout son potentiel ces dernières années chez AlphaTauri et ne le voit pas au même niveau que Charles Leclerc, Carlos Sainz ou encore Max Verstappen.

“Pour différentes raisons, je pense que nous avons déjà tout vu de Gasly. A-t-il le même niveau que Max Verstappen, Charles Leclerc ou Sainz ? Je ne le crois pas.” a déclaré Mika Hakkinen dans une vidéo tournée pour son partenaire Unibet.

“Je ne veux pas dire qu’il soit mauvais, il est bon, mais il n’est pas au même niveau [que Leclerc, Verstappen ou Sainz, ndlr] et je pense qu’il ne battra pas son coéquipier Ocon cette saison.”

“Après, je ne le connais pas suffisamment pour évaluer s’il est capable de motiver l’équipe, donner des retours techniques et communiquer. C’est difficile à dire. Il a pourtant une bonne réputation puisqu’il a encore été signé.”

De l’autre côté du garage en revanche, Hakkinen ne tarit pas d’éloges sur Esteban Ocon qu’il considère comme un “concurrent féroce” en piste.

“Ocon est un pilote intéressant, il a réussi à rester en Formule 1 depuis un bon moment. Il a fait du bon travail. J’espère qu’il sera capable de produire de bons résultats cette année.”

“Il n’a pas encore vraiment réussi à briller. C’est un concurrent féroce et il ne s’entend pas toujours très bien avec ses coéquipiers. Je ne sais pas pourquoi c’est comme ça.”

“Je pense que c’est Ocon qui va tirer son épingle du jeu dans cette bataille. Il a plus d’expérience.” conclut le Finlandais.

Après la première course de la saison disputée le week-end dernier à Bahreïn, c’est Pierre Gasly qui est devant au championnat du monde des pilotes après avoir marqué ses premiers points pour Alpine en terminant neuvième, tandis que son coéquipier a dû abandonner.

Williams F1 examine le marché pour choisir un motoriste pour 2026

Le nouveau patron de l’équipe de Williams, James Vowles, a déclaré que l’équipe examine le marché pour choisir son prochain fournisseur de moteurs pour la période allant de 2026 à 2030.

L’équipe Williams utilise le moteur Mercedes depuis 2014, lorsque l’ère du turbo-hybride a débuté en Formule 1, et Vowles dit qu’ils réfléchissent à l’opportunité de continuer avec les unités motrices du constructeur allemand en 2026, lorsque de nouvelles réglementations sur les moteurs entreront en vigueur.

“Nous sommes satisfaits de la relation qui est en place depuis de nombreuses années.” a déclaré James Vowles à propos du partenariat signé entre Williams et Mercedes.

“Mercedes a produit vraiment, fondamentalement, le meilleur groupe motopropulseur en moyenne au cours des quinze dernières années.”

“Là où nous en sommes en ce moment, c’est qu’il y a Mercedes et d’autres constructeurs, et nous examinons ce que nous pouvons faire.”

“Nous examinons le marché et nous prendrons une décision à ce sujet sous peu. Ce doit être fait cette année de toute façon [le choix du motoriste].”

Pour la période allant de 2026 à 2030, six constructeurs se sont inscrits en tant que fournisseurs d’unités de puissance : Alpine (Renault), Audi, Ferrari, Mercedes, Red Bull Ford et…Honda. 

En 2023, une seule équipe est motorisée par Renault (Alpine), trois équipes sont motorisées par Ferrari (Ferrari, Haas et Alfa Romeo), deux équipes sont motorisées par Honda (Red Bull et AlphaTauri) et quatre équipes sont motorisées par Mercedes (Aston Martin, Williams, McLaren et Mercedes).

Hülkenberg de retour en F1 grâce à sa pige chez Aston Martin

De retour en Formule 1 cette année avec l’équipe Haas après trois saisons en off, l’Allemand Nico Hülkenberg est passé par différents stades avant de finalement être certain de vouloir revenir en catégorie reine en 2022.

Après avoir été remercié par l’écurie Renault fin 2019, Hülkenberg a pu profiter un peu plus de la vie en famille dans les mois qui ont suivi sa dernière course en Formule 1, bien aidé également par l’arrivée de la pandémie de Covid-19 qui a mis à l’arrêt une grande partie de la planète durant plusieurs mois.

S’exprimant sur son envie de revenir ou pas en Formule 1 durant cette longue période de pause, l’Allemand a expliqué : “Oui, j’ai eu un peu différents sentiments…c’était un peu par vagues. Certaines semaines c’était plus, certaines semaines c’était moins.” a déclaré Hülkenberg dans un entretien accordé au site du championnat.

“Au début en 2020, j’avais besoin d’un peu de temps, donc à ce moment-là j’étais plutôt détendu. Puis d’un coup en 2021, il a eu des semaines où il était plus difficile pour moi de rester à l’écart et de regarder les pilotes sortir du garage.”

“En 2022, donc disons il y a plus ou moins douze mois, il y a dix mois en fait, ce sentiment de vouloir de nouveau être au volant est revenu très fort. Ensuite, j’ai eu une intention claire, et il est devenu évident que je voulais poursuivre et avoir l’opportunité d’avoir à nouveau un baquet de course.”

Nico Hülkenberg – qui a roulé avec l’Aston Martin lors de deux courses en remplacement de Sebastian Vettel au début de la saison 2022 – pense que cette pige lui a certainement ouvert plus de portes.

“Je pense que ça a été la clé pour m’ouvrir des portes pour que je sois assis ici maintenant. Je doute fortement que sans ces deux courses du début de l’année dernière, j’aurais obtenu le baquet.” estime l’Allemand.

“Je pense que ça m’a remis sur la table avec Guenther [le directeur de Haas] et avec l’équipe, ils ont dû se dire : “Ok, ce gars sait toujours où se trouve la pédale d’accélérateur !”.”

“Un autre exemple est celui de Nyck de Vries. Sans sa performance à Monza, sans cette opportunité l’année dernière [il a remplacé Alex Albon chez Williams pour le GP d’Italie], je ne suis pas sûr qu’il aurait eu un baquet [chez AlphaTauri pour 2023]. Donc, je pense que c’était extrêmement important.”

Désormais pilote titulaire chez Haas, Nico Hülkenberg débute cette saison un autre chapitre dans sa carrière dans une écurie plus modeste à l’âge de 35 ans.

Le moteur Renault E-Tech à un dixième des meilleurs selon Rossi

En 2022, les résultats d’Alpine ont été entachés par de nombreux abandons sur problème de fiabilité et c’est d’ailleurs en grande partie pour cette raison que le double champion du monde Fernando Alonso a quitté l’écurie à la fin de la saison pour rejoindre Aston Martin en 2023.

Pour cette nouvelle saison, les ingénieurs à Viry-Châtillon ont travaillé sans relâche pour tenter de régler ces soucis de fiabilité qui portaient essentiellement sur la pompe à eau du moteur Renault E-Tech l’an dernier et un système inédit a d’ailleurs été développé pour l’A523. 

Autre point important, Alpine a travaillé sur le “packaging et l’intégration” du moteur hybride sous le capot de l’A523, notamment parce qu’à cause d’une mauvaise intégration l’Alpine pouvait perdre jusqu’à cinq dixièmes par tour au cours des dernières années.

Lorsque dans le podcast de la F1 Beyond The Grid on lui demande s’il pense que l’unité de puissance Renault est au niveau des autres moteurs de la grille cette année, Laurent Rossi a répondu : “Eh bien, c’est définitivement mieux que là où nous étions pour être honnête.”

“J’aime dire que vous ne gagnez pas un championnat uniquement à cause de l’unité de puissance, mais vous pouvez certainement le perdre.”

“Le déficit de performance que l’unité de puissance générait les années précédentes nous empêchait d’imaginer quoi que ce soit de mieux qu’une cinquième place.”

“C’était comme si nous perdions essentiellement trois à cinq dixièmes par tour à cause de l’unité de puissance uniquement parce que l’intégration du PU n’était pas parfaite et non parce que le PU n’était pas assez bon en soi. Il n’était juste pas suffisamment optimisé en termes d’intégration.”

“A Viry [Châtillon, le département moteur de Renault], ils sont capables d’extraire autant de puissance qu’ils souhaitent du PU mais ce n’était pas un travail simple en termes d’intégration.”

Laurent Rossi a poursuivi en indiquant que le nouveau moteur V6 hybride 2023 est bien mieux intégré au châssis de l’A523 et est surtout plus proche de la concurrence en termes de performance.

“Le nouveau [moteur] est définitivement beaucoup plus proche de la concurrence. Je pense que nous sommes approximativement à un dixième des meilleurs.”

“Donc, c’est assez bien parce que rappelons-nous que nous avions une seconde à rattraper avec Red Bull [lorsque Renault motorisait l’équipe de Milton Keynes] ou quelque chose comme ça.”

Quelles nouveautés sur le moteur Renault E-Tech ? 

Lors de la présentation de l’Alpine A523 au mois de février, Bruno Famin, directeur exécutif du département moteur à Viry, est revenu en détail sur les nouveautés introduites sur le moteur Renault E-Tech RE23.

“Nous avons travaillé de manière étroite avec les équipes d’Enstone pour améliorer le packaging et l’intégration de notre groupe propulseur.” nous a expliqué Famin.

“Ce travail collectif a été mis en évidence en janvier, quand nous nous sommes réunis pour utiliser nos nouveaux moyens d’essais à Viry pour valider le système du groupe propulseur.”

“C’était un succès ainsi qu’une étape importante dans la conception du package A523-RE23. Nous avons conçu une nouvelle pompe à eau pour gommer nos problèmes de fiabilité sur cette pièce en 2022.”

“Elle est inédite et placée à un nouvel endroit. Nous sommes convaincus que ce souci est désormais résolu. L’hiver a été intense à Viry avec des tests d’endurance sur nos bancs moteurs et nous avons hâte de voir les résultats en piste pour savoir si tout ce travail a véritablement porté ses fruits.”

Pour rappel, le développement des unités de puissance en Formule 1 est gelé depuis l’an dernier et les équipes ne sont autorisées à introduire que des mises à jour dites de fiabilité et non de performance.

Fernando Alonso prévient : “Ce n’est que le début”

Fernando Alonso a envoyé un message clair à ses adversaires après avoir décroché son podium au Grand Prix de Bahreïn en expliquant qu’il y aurait plus à venir de la part d’Aston Martin lors des prochaines courses du calendrier.

Au Grand Prix de Bahreïn, Fernando Alonso a terminé sur la troisième marche du podium pour sa première course avec sa nouvelle équipe Aston Martin, le double champion du monde ayant franchi la ligne d’arrivée à 38 secondes du vainqueur Max Verstappen.

Après l’arrivée de l’épreuve, Alonso ne cachait pas sa joie d’avoir entre les mains une monoplace compétitive, mais le pilote espagnol a insisté sur le fait qu’il y a aurait encore plus à venir de la part de son équipe car l’AMR23 a encore une marge de progression énorme du fait que cette monoplace 2023 est presque entièrement nouvelle.

“Il y a quelques domaines que nous devons améliorer et que je ne partagerais pas avec vous, mais je pense que le point le plus important est que la nouvelle Aston Martin est une toute nouvelle voiture.” a expliqué Alonso dimanche dernier à Bahreïn.

“C’est un nouveau projet et ce n’est que le début. Ce n’est pas la version finale, ce n’est que la voiture de départ de ce concept que nous avons changé au cours de l’hiver.”

“Certaines des meilleures équipes ont conservé la philosophie qu’elles avaient l’année dernière ; la Red Bull et la Ferrari ont gardé plus ou moins la même forme. Elles ont juste peaufiné quelques petites choses et perfectionné la ligne de base qu’elles avaient.”

“Pour nous, c’est beaucoup plus difficile parce que nous avons dû changer 95% de la voiture [par rapport à 2022], donc je suppose que nous avons plus à apprendre de la voiture et il y a plus à venir de notre côté.”

“J’ai une confiance totale dans notre équipe, ils savent ce qu’ils font, et espérons que nous allons nous améliorer bientôt.”

Après la première manche de la saison 2023 disputée à Bahreïn, Fernando Alonso occupe la troisième place au championnat du monde des pilotes, trois places derrière Sergio Perez.

L’erreur d’Ocon sur la grille à Bahreïn expliquée

Dimanche dernier au Grand Prix de Bahreïn, le pilote Alpine Esteban Ocon a été pénalisé pour avoir enfreint la procédure de départ sur la grille en positionnant mal sa monoplace, on vous explique tout.

Après le départ du Grand Prix de Bahreïn 2023, Esteban Ocon a écopé d’une pénalité de cinq secondes pour “une position imprécise” de sa monoplace sur la grille de départ de la première manche de la saison 2023. En soit, le pilote Alpine n’a pas “volé” le départ, mais a juste mal positionné sa monoplace sur son emplacement, ce qui aurait pu lui donner un avantage à l’extinction des feux.

En positionnant sa monoplace sur son emplacement, Ocon a commis l’erreur de placer sa roue avant droite en dehors du marquage au sol qui délimite la zone dans laquelle les F1 doivent se trouver avant que le départ ne soit donné. 

Sur l’image ci-dessous, on peut effectivement constater que la roue avant droite de l’Alpine du Français (voiture rose sur la rangée de droite) est décalée de quelques centimètres par rapport aux autres monoplaces sur la grille de départ et c’est cette roue avant droite qui a mordu la ligne de démarcation au sol qui a coûté une pénalité de cinq secondes à Ocon.

Esteban Ocon a ainsi fait les frais d’une nouvelle règle introduite au règlement sportif 2023 de la Formule 1 le 22 février dernier et qui stipule qu’une sanction sera infligée à tout pilote qui est jugé avoir placé “toute partie de la zone de contact de ses pneus avant en dehors des lignes (avant et côtés) à l’heure du signal du départ”.

Ainsi, les commissaires sportifs du Grand Prix de Bahreïn ont indiqué dans leur rapport ce qui suit : “les commissaires ont examiné les preuves vidéo montrant qu’avant le départ de la course une partie du pneu avant droit de la voiture était en dehors de la zone de départ” (ci-dessous, l’emplacement à respecter sur la grille).

Cascade de pénalités

A la suite de cette erreur donc, Esteban Ocon a écopé d’une pénalité de cinq secondes à purger lors de son prochain arrêt au stand (c’est à dire que les mécaniciens ne pouvaient pas toucher la voiture avant cinq secondes). Cependant, lors de son premier arrêt au stand, l’un des mécaniciens n’a pas respecté cette pénalité et a touché la voiture avant le décompte officiel des cinq secondes.

La direction de course a donc pénalisé une deuxième fois Esteban Ocon (10 secondes) pour ne pas avoir respecté la première pénalité, tandis qu’une troisième pénalité de cinq secondes pour un excès de vitesse dans la voie des stands a fini par achever Ocon qui abandonnera quelques tours plus tard.

Ocon s’est défendu

Esteban Ocon a admis sa faute au départ de la course lorsqu’il a mal positionné sa monoplace sur la grille de départ cependant – après avoir regardé les vidéos du départ – le pilote Alpine a estimé que plusieurs autres voitures étaient mal positionnées.

Oui, c’est vrai que j’étais un petit peu plus en avant que les autres voitures, mais il faut savoir qu’on ne voit pas [en tant que pilote dans la voiture].” a déclaré Ocon au micro de Canal+ après la course.

Quand on est assis dans ces voitures – et je ne suis pas la seule voiture à être devant la ligne jaune, il y en a au moins trois d’après ce que j’ai regardé – donc je ne sais pas pourquoi j’étais le seul du coup à prendre la pénalité aujourd’hui.”

Après le Grand Prix de Bahreïn, Alpine peut tout de même se consoler d’avoir inscrit deux points au championnat grâce à la neuvième place de Pierre Gasly qui a réussi à remonter depuis la dernière place sur la grille.

Susie Wolff croit à l’arrivée d’une femme en F1

La directrice générale de la F1 Academy, Susie Wolff, reste convaincue qu’une femme pourra tôt ou tard accéder à la Formule 1 et pense que la F1 Academy nouvellement créée aidera les jeunes filles à y arriver.

Annoncée en novembre, la F1 Academy est une série réservée exclusivement aux femmes comprenant cinq équipes, 15 pilotes et 21 courses sur une multitude de pistes du calendrier de la F1. L’ancienne pilote d’essais de l’équipe Williams en F1, Susie Wolff, a été nommée directrice générale de cette nouvelle catégorie 100% féminine lancée par la Formule 1 cette année.

Wolff possède une vaste expérience du sport automobile, à la fois en tant que pilote d’essais en Formule 1 pour l’équipe Williams ou encore en tant que chef d’équipe en Formule E où elle a dirigé Venturi. En tant que directrice générale de la F1 Academy, Wolff rendra directement compte au président et chef de la direction de la F1 Stefano Domenicali.

Dans un récent entretien accordé à Sky Sports, Susie Wolff a expliqué pourquoi selon elle la F1 Acedemy sera le parfait tremplin pour toutes les femmes qui souhaitent un jour accéder à la catégorie reine.

“Lorsque je courrais en karting à un niveau international, je me demandais comment j’allais passer à la Formule junior parce que c’est un pas énorme à franchir et c’est pourquoi je pense que la F1 Academy sera une destination pour ces jeunes filles.” a commenté Susie Wolff.

“Je pense que le temps passé en piste, le fait que vous soyez avec certaines des meilleures équipes de Formule junior signifie que vous êtes sur une excellente trajectoire pour commencer votre carrière en monoplace et progresser.”

“Ce temps de piste et ce réseau de soutien vont leur être précieux pour tirer le meilleur parti d’elles-mêmes et vraiment essayer de gravir les échelons.”

Susie Wolff – qui a déjà participé à des séances d’essais en F1 dans sa carrière avec Williams – reste persuadée qu’un jour la Formule 1 verra une femme pilote sur la grille, mais elle s’attend à ce que cela prenne du temps, quelques années selon elle.

“Je sais qu’il est possible pour une femme de courir à ce niveau et de ce point de vue, cette expérience est si importante, et il s’agit surtout de transmettre cette expérience à la nouvelle génération.”

“Je pense qu’être dans le paddock avec le soutien total de la F1 derrière la F1 Academy, cela signifie que nous avons toutes les bonnes personnes et les bons décideurs qui nous regardent et nous soutiennent lorsqu’un talent se présentera.”

“Nous devons gérer les attentes, cela va prendre du temps. Il s’agit d’augmenter le vivier de talents, de sensibiliser et d’inspirer la prochaine génération à venir et de rendre ce sport plus accessible à ceux qui veulent y participer.”

“Cela prendra certainement quelques années, mais je pense que nous pouvons avoir un réel succès à court terme. Mais pour trouver une fille qui réussit en Formule 1, nous devons penser à moyen et long terme et cela signifie que nous devons être patients.”

La saison 2023 de la F1 Academy débute le 28 avril en Autriche sur le tracé de Spielberg et se termine le 22 octobre à Austin aux Etats-Unis.

Mercedes promet des “changements visibles” dès les prochaines courses

Le directeur de l’ingénierie chez Mercedes, Andrew Shovlin, assure que son équipe fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire en sorte de continuer à développer la W14 de cette saison afin de revenir à l’avant de la grille.

Lors de la manche d’ouverture de la saison 2023 disputée à Bahreïn le week-end dernier, Mercedes n’a pu que constater l’écart de performance qui la sépare de Red Bull en ce début d’année, les deux pilotes Mercedes, Lewis Hamilton et George Russell ayant terminé le Grand Prix de Bahreïn à plus de cinquante secondes derrière le vainqueur Max Verstappen.

Chez Mercedes, on explique depuis une semaine maintenant que le concept zéro pod hérité de la W13 de 2022 sera très prochainement remplacé et Andrew Shovlin a lui aussi confirmé que la W14 va recevoir lors des prochaines courses du calendrier des nouveautés “visibles”, bien que l’agenda de ces mises à jour n’a pas encore révélé.

“Toto [Wolff] a récemment déclaré que nous examinerions une révision [de ce concept] qui va arriver dans les prochaines courses.” explique Andrew Shovlin.

“Maintenant, étant donné l’écart à l’avant, bien sûr que nous allons procéder à des changements plus importants, des changement plus radicaux. Mais ces changements prennent du temps pour se transformer en une solution plus rapide dans le tunnel de soufflerie.”

“On ne peut pas faire cela du jour au lendemain, nous devons faire beaucoup de développements autour, de sorte qu’il doit y avoir de grands changements en termes de géométrie dans ce domaine.”

“Comme je l’ai dit bien sûr, nous cherchons où nous pouvons améliorer la voiture, nous recherchons un potentiel à développer et vous verrez des changements visibles sur la voiture au cours des prochaines courses.”

Pour expliquer le manque de rythme des deux pilotes dimanche en course à Bahreïn, Shovlin a indiqué que la dégradation des pneumatiques a joué un grand rôle : “Il nous reste beaucoup de travail à faire parce que l’écart en qualifications était important, nous étions à plus d’une demi-seconde de l’avant et durant la course il était même plus grand.”

“Cela a été aggravé par le fait que lorsque vous avez de la dégradation de pneus, vous glissez un peu plus, les pneus chauffent plus, et vous finissez par trouver très difficile de les garder sous contrôle.”

“Donc, nous devons comprendre beaucoup de choses, mais les éléments clés sont vraiment sur cette dégradation sur les longs relais, alors que l’année dernière c’était un point fort pour nous. Nous avons clairement quelque chose qui n’est pas au bon endroit et sur lequel nous devons travailler.”

Après le Grand Prix de Bahreïn, l’équipe Mercedes occupe la troisième place au championnat du monde des constructeurs avec 27 points de retard sur le leader Red Bull.

Avec sa pénalité, Red Bull doit être “efficace” dans ses choix

Le directeur Red Bull, Christian Horner, a expliqué qu’en raison de la pénalité infligée à son équipe l’an dernier pour un dépassement du plafond budgétaire en F1 lors de la saison 2021, l’écurie de Milton Keynes se doit d’être particulièrement efficace dans ses choix de développement.

En 2021, l’équipe Red Bull a été épinglée par la FIA pour un dépassement “mineur” du plafond budgétaire imposé aux équipes inférieur à 5% et s’est donc vue proposer un ABA (un accord passé entre la FIA et l’équipe) par l’instance dirigeante. L’équipe autrichienne a accepté cette offre, ce qui veut dire qu’elle a  également accepté les sanctions associées qui sont les suivantes :

  • Red Bull a dû payer une pénalité financière de 7 000 000 USD à la FIA dans les 30 jours suivant la date d’exécution de l’ABA
  • Red Bull a reçu une pénalité sportive mineure sous la forme d’une limitation de la capacité de RBR à conduire des essais aérodynamiques pendant une période de 12 mois à compter de la date d’exécution de l’ABA par l’application d’un abattement de 10 % sur le Coefficient C servant au calcul des essais individuels restreints en soufflerie (RWTT) et fluide informatique restreints (Limites de dynamique (RCFD) applicables à chaque équipe telles que définies à l’Article 6 de l’Annexe 7 du Règlement Sportif FIA de la Formule 1). Par exemple, si le coefficient C, basé sur la position au championnat de RBR est de 70 %, la nouvelle valeur effective de C sera : CNEW=70 % x (1-0,10) = 63,0 %
  • Red Bull a aussi dû prendre en charge les frais encourus par l’Administration du plafonnement des coûts dans le cadre de la préparation de l’ABA

Le non-respect par Red Bull des conditions de l’ABA entraînera un autre manquement à la procédure en vertu des articles 6.30 et 8.2(f) du Règlement financier et renvoi au comité d’arbitrage du plafonnement des coûts. L’ABA ayant été signé au mois d’octobre 2022 (le 26 octobre), l’écurie de Milton Keynes verra donc sa pénalité purgée entièrement au mois d’octobre 2023.

L’équipe Red Bull ayant terminé en tête du championnat du monde 2022 de Formule 1, cette dernière est donc l’écurie bénéficiant du moins de temps en soufflerie cette saison et doit également ajouter un handicap supplémentaire de 10% au 70% (je vous explique le fonctionnement du handicap aéro plus bas dans cet article).

Lorsqu’on demande à Christian Horner à quel point son équipe a été impactée jusqu’à présent par cette pénalité, le Britannique a répondu : “Pour nous, l’efficacité est un mot clé, encore plus avec le handicap d’avoir perdu 10% de temps en soufflerie.” explique Christian Horner.

“Donc, encore une fois, l’équipe a fait un travail incroyable pour que nous soyons compétitifs. Mais bien sûr, ce handicap vaut pour une période de douze mois, donc, il nous reste encore huit ou neuf mois à tenir.”

“Cela signifie que nous allons devoir être très sélectifs et extrêmement efficaces dans la façon dont nous développons cette voiture et celle de l’année prochaine.”

Justement, lorsqu’on lui demande s’il pense que cette pénalité aura finalement un impact plus important  sur la monoplace de la saison 2024, Horner a répondu : “Cela dépend vraiment s’il y a des changements dans la réglementation.”

“Mais vous savez, nous nous attendons à une réglementation stable. Après bien sûr, c’est un inconvénient, c’est un handicap d’avoir non seulement la différence incrémentale que vous pouvez avoir en étant premier du championnat et en plus de cela 10% supplémentaires.”

“Donc, nous sommes à 15% de moins que [Ferrari] et 20% de moins que Mercedes [Ferrari a terminé deuxième en 2022 et Mercedes troisième, ndlr] et ainsi de suite.”

“Pour nous, c’est un chiffre important et il s’agit donc d’être efficace, d’être efficace dans tout ce que nous appliquons. Nous devons choisir ce que nous testons dans le tunnel et comment nous développons à la fois la RB19 et la RB20.”

Fonctionnement du handicap aéro

Depuis 2022, les équipes seront soumises à des restrictions d’essais aérodynamiques plus strictes incluant le temps passé en soufflerie et le CFD. Ces restrictions sont basées sur la position d’une équipe au championnat du monde l’année dernière. Pour faire très simple, l’équipe Red Bull qui a remporté en 2022 le championnat du monde des constructeurs n’a obtenu en 2023 que 70% du temps disponible pour le développement aérodynamique de sa monoplace, tandis que la dernière équipe du classement (Williams) a obtenu pour sa part 115% du temps.

En fonction du classement de l’an dernier, les équipes sont départagées en intervalle de 5% (exemple : Williams a obtenu 115%, AlphaTauri 110%, Haas 105%, Aston Martin 100%…). Ces restrictions sont élaborées à deux moments chaque année : en prenant les positions finales de la saison précédente et en fonction des positions au 30 juin de l’année en cours (ci-dessous, le classement de la saison 2022).

EquipeMoteur Points
1-Red Bull HRC759
2-Ferrari Ferrari 554
3-Mercedes Mercedes 515
4-Alpine Renault 173
5-McLaren Mercedes 159
6-Alfa Romeo Ferrari 55
7-Aston Martin Mercedes 55
8-Haas Ferrari 37
9-AlphaTauri HRC35
10-Williams Mercedes 8

Marko “curieux” de voir comment Mercedes va réagir

A Bahreïn le week-end dernier lors de la première manche de la saison 2023, il est devenu évident que la Mercedes W14 souffre d’un manque de performance par rapport à la concurrence et Mercedes n’a pas caché qu’elle avait commis une erreur en conservant le concept sidepod zéro hérité de la W13 de 2022 pour sa monoplace 2023.

Du côté de chez Red Bull, tout semble aller pour le mieux avec une RB19 fiable et performante qui a permis à l’écurie de Milton Keynes de décrocher un premier doublé en course dès la première manche du championnat du monde 2023.

Interrogé sur les difficultés de Mercedes, Helmut Marko – conseiller motorsport che Red Bull – estime que l’équipe octuple championne du monde s’est définitivement égarée avec son concept et prédit une année compliquée pour Mercedes qui doit opérer sous plafonnement des coûts.

“Mercedes a du travail, c’est clair. Ils n’ont pas progressé par rapport à la saison dernière, et si vous regardez les écarts, ils ont même fait un pas en arrière.” estime Marko dans les colonnes d’OE24.

“Apparemment, ils se sont égarés quelque part et je suis curieux de voir comment ils vont faire maintenant.”

“En raison du plafonnement des coûts, il est déjà si difficile de développer la voiture de façon régulière, donc, comment êtes-vous censé faire pour assembler une toute nouvelle voiture ? A moins qu’ils ne fassent un coup en or, ce qui semble peu probable d’après les expériences récentes.”

Après le Grand Prix de Bahreïn dominé par Red Bull, le patron de Mercedes, Toto Wolff, a déclaré que Red Bull remportera toutes les courses en 2023 (à lire ici). 

Lorsqu’on demande à Helmut Marko si Red Bull peut effectivement dominer à un tel point la saison et remporter toutes les courses, l’Autrichien a répondu : “C’est n’importe quoi, on ne peut pas dire ça après une course.”

“Il suffit de faire une erreur dans la configuration de la voiture, comme cela nous est déjà arrivé l’année dernière au Brésil [c’est Mercedes qui a remporté le GP du Brésil 2022, ndlr].”

Après le Grand Prix de Bahreïn, Red Bull est leader du championnat du monde de F1 2023 avec 20 points d’avance sur Aston Martin et 27 unités d’avance sur Mercedes troisième. 

Wolff sur Red Bull : “Ils gagneront toutes les courses cette année”

Le directeur de Mercedes, Toto Wolff, espère que son équipe sera en mesure d’améliorer les performances de la W14 pour la prochaine course du calendrier qui se dispute à Djeddah en Arabie Saoudite en attendant une mise à jour, mais l’Autrichien estime que l’avance de Red Bull est telle que l’écurie de Milton Keynes devrait remporter toutes les courses en 2023. 

Dimanche dernier à Bahreïn, Mercedes a connu un week-end compliqué avec comme résultat le dimanche en course une cinquième place pour Lewis Hamilton et une septième place pour son coéquipier George Russell, les deux hommes ayant eu le plus grand mal à exploiter toute la performance d’une W14 en manque d’appui.

Après cette première course de l’année largement dominée par Red Bull qui a décroché un doublé à Bahreïn, Toto Wolff se montre évidemment très déçu des résultats de son équipe et pense comme beaucoup d’observateurs que Red Bull a déjà une telle avance en ce début de saison que l’équipe de Milton Keynes devrait remporter toutes les courses cette année.

“Avec mes aspirations sportives, je suis déçu de voir que nous sommes en retard. Nous ne voulons pas finir deuxièmes, nous voulons gagner.” a déclaré Toto Wolff au média autrichien OE24.

“Mais il y a une équipe à mille kilomètres devant [Red Bull, ndlr]. Ils jouent avec la concurrence, ils n’ont même pas d’usure de pneus. Après le premier Grand Prix, je pense qu’ils gagneront toutes les courses cette année.”

Un meilleur rythme à Djeddah pour Mercedes ? 

Lorsqu’on lui demande s’il pense que Mercedes pourra inverser la tendance lors de la prochaine course du calendrier à Djeddah en Arabie Saoudite sur un tracé totalement différent de celui de Bahreïn, l’Autrichien a répondu : “Nous pouvons au moins faire mieux et voir comment nous pouvons sortir de la situation défavorable dans laquelle nous nous sommes retrouvés.”

“L’année dernière, notre voiture s’est améliorée de plus en plus et a quand même remporté des courses [le GP du Brésil et la course Sprint le même week-end, ndlr].”

“C’est pourquoi nous avons décidé de nous en tenir au concept [sidepod zéro, ndlr]. Mais ensuite vous débutez la nouvelle saison et vous vous rendez compte que rien ne fonctionne.”

Wolff a récemment confirmé que le concept zéro pod ne serait pas conservé pour le reste de la saison 2023, mais le directeur de Mercedes insiste sur le fait qu’il faudra un peu de temps avant que qu’une mise à jour efficace ne soit introduite sur la W14.

Lorsqu’on lui demande si cette mise à jour peut arriver rapidement, Wolff a répondu : “C’est faisable, mais vous ne pouvez pas juste vous contenter de monter de nouveaux pontons sur la voiture. Tout est une question de flux d’air.”

Après le Grand Prix de Bahreïn, Mercedes occupe la troisième place au championnat du monde des constructeurs avec sept points de retard sur Aston Martin et 27 points de retard sur le leader Red Bull.